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L’enseigne de prêt-à-porter Alain Manoukian va disparaître en 2014

03.09.2013, source : Les Echos.fr

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Le plan de restructuration entamé il y a trois ans débouche finalement sur la suppression d’environ 175 postes en France, et sur la disparition de la marque familiale Alain Manoukian, fondée il y a trente ans.

La marque familiale de prêt-à-porter Alain Manoukian, fondée en 1973 à Romans (Drôme) et propriété du groupe franco-américain BCBG Max Azria depuis 2005, va disparaître courant 2014, laissant 175 salariés sur le carreau. Selon une porte-parole de la direction, l’entreprise a négocié cet été le dernier volet d’un plan de restructuration entamé il y a trois ans, alors que la perte d’un « contrat important » en 2009 avait provoqué « des difficultés financières majeures » pour l’enseigne en France.

Le plan a permis de diviser les pertes par 4,5 en trois ans et d’envisager l’équilibre en 2014, mais débouche sur la suppression d’environ 175 postes dans les boutiques Alain Manoukian de l’Hexagone et sur le site de logistique de Mercurol dans la Drôme, où est situé le siège social, selon ce qu’indiquait à l’AFP Arnaud Pichot, secrétaire général de l’Union départementale Force Ouvrière Drôme-Ardèche. « Tous les salariés concernés ont reçu une lettre qui leur demande de renseigner leur état civil, afin d’établir l’ordre des licenciements », a précisé Arnaud Pichot. « Manoukian, ça ne marche plus, ça fait deux ans que la collection est mauvaise et la branche perd de l’argent », a-t-il ajouté. Au siège, personne ne souhaitait s’exprimer, vendredi 30 août 2013.

Manoukian fait chuter BCBG

Pour le propriétaire de l’enseigne Alain Manoukian, le groupe « BCBG Max Azria », qui a vu son chiffre d’affaires reculer de 18% sur l’exercice 2011-2012, la décision était probablement devenue inévitable. Max Azria, fondateur de la griffe BCBG, s’est installé en 1970 aux Etats-Unis , où il est vite devenu le symbole d’une success story « made in France » : BCBG possède alors 70 boutiques, exploite 270 corners dans les grands magasins, et réalise, dans les années 90, près de 250 millions de dollars de chiffre d’affaires.

Lorsqu’il rachète Alain Manoukian en 2005, cette dernière a retrouvé l’équilibre d’exploitation et ramené sa perte nette à 2,8 millions d’euros, après des années difficiles financièrement. Max Azria envisage alors de s’implanter en Europe et veut faire de Manoukian sa « tête de pont ». La famille Manoukian se laisse convaincre, tout en restant présente dans la gestion de la société.

Mais l’éclaircie est de courte durée, et en 2011 le groupe BCBG Max Azria envisage déjà de séparer de Manoukian . Une décision à laquelle il renoncera finalement, après un plan social qui se solde par le départ de 68 salariés (sur 250) et permet de redresser les comptes. La griffe de prêt-à-porter s’était également séparée de ses enseignes les moins rentables.

Reprise éventuelle des salariés

Au 31 janvier 2012, le groupe BCBG Max Azria employait 655 personnes, contre 837 un an auparavant, des magasins ayant été fermés en 2010 et 2011. Il disposait en France à la même date de 84 points de vente, avec des filiales en Suisse, Espagne, Belgique et Allemagne.

Dans un tract diffusé en avril 2011, Force Ouvrière avait alerté les autorités locales sur le risque de disparition de la marque après la perte d’un contrat avec Carrefour, dénonçant une mauvaise gestion. « On s’inquiète maintenant de voir BCBG quitter le site de Mercurol », a conclu Arnaud Pichot.

Des négociations seraient cependant en cours actuellement, notamment pour céder les baux des magasins Alain Manoukian en France à d’autres marques, avec une reprise éventuelle des salariés. Elles pourraient ainsi réduire la portée du plan social, les boutiques sous enseigne BCBG Max Azria étant conservées.

Les Echos, 30/08/2013

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