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L'effet baisse des prix a pesé sur le résultat opérationnel de Casino

01.08.2010, source : Les Echos.fr

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Le groupe a publié un chiffre d'affaires semestriel en hausse de 3,7 % pour les activités poursuivies. Le résultat opérationnel courant a baissé de 5,5 % en France, sous l'effet des plans de relance commerciale de Géant et Leader Price.

Les questions posées hier au PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, à l'issue de sa présentation des résultats du groupe de distribution au titre du premier semestre 2010, étaient révélatrices : les baisses de prix dans les réseaux Géant Casino et Leader Price sont au coeur des préoccupations des analystes. De fait, ces enseignes ont mené une valse des étiquettes pour le moins enlevée depuis le début de l'année avec, à fin juin, une baisse de 3 % pour l'ensemble des produits alimentaires chez Géant (- 2,4 % pour les marques nationales), selon l'indice IRI (pondéré par les volumes vendus), et « un repositionnement tarifaire sensible » chez Leader Price, ayant entraîné un recul de près de 1 % de la marge, y compris Franprix.


« Stabiliser la part de marché »

Entamé plus tôt dans le semestre pour l'enseigne maxidiscompte du groupe, ce mouvement a commencé à produire ses effets avec une réduction sensible de l'hémorragie de chiffre d'affaires, la baisse des ventes étant ramenée à 1,4 % au deuxième trimestre contre 10,8 % au premier. Pour Géant Casino, où le plan de relance commercial a démarré plus tard, l'impact du retour, selon Jean-Charles Naouri, à un positionnement prix dans la moyenne de la concurrence site par site ne s'est pas encore fait sentir, les ventes à magasins comparables continuant de baisser fortement (- 6,9 % ).

D'où les interrogations sur une poursuite des investissements dans la réduction des prix, ceux-ci ayant pesé sur la marge opérationnelle en France, en retrait de 0,26 % . Le patron du groupe a indiqué que « l'essentiel des baisses est fait », tout en restant attentif à l'évolution de l'environnement concurrentiel de Géant. Car, a-t-il souligné, au second semestre « l'objectif majeur pour la France est la stabilisation de la part de marché » des hypermarchés, dont la surface globale continue d'être réduite, au rythme d'environ 1 % par an « pour l'instant ». Le PDG de Casino s'est en outre félicité des bonnes performances de l'enseigne dans des secteurs de l'offre non-alimentaire jugés porteurs, à l'image du petit électroménager dont le chiffre d'affaires est en hausse de 9 %, a-t-il précisé.

Pour les autres activités du groupe dans l'Hexagone, Franprix a enregistré une hausse de ses ventes de 2 %  à magasins comparables au deuxième trimestre (de 10 % avec les ouvertures de magasins), Monoprix de 1,9 % (et 4,1 % ), les supermarchés et magasins de proximité affichant une stabilité, voire une légère baisse. Pour Cdiscount et Mercyalis, désormais intégrés dans la présentation des résultats du groupe au pôle Casino France (c'est-à-dire hors Franprix, Leader Price et Monoprix), la croissance est à deux chiffres, + 11,9 % de chiffre d'affaires pour le site marchand et + 12,2 % pour les loyers de la foncière. Mercyalis, qui avait publié ses résultats la veille, se distingue ainsi de certains de ses concurrents.


Option d'achat

A l'international, qui représente à fin juin 36 % du résultat opérationnel courant (contre 30 % un an plus tôt), Jean-Charles Naouri a insisté sur la forte hausse de l'activité (+ 9,8 % ) sur le semestre à périmètre comparable et taux de change constants, et la perspective pour les pays en développement où le groupe est présent (Brésil, Colombie, Thaïlande et Vietnam) de retrouver la croissance à deux chiffres d'avant la crise. Interrogé sur l'opportunité pour les analystes d'intégrer dans leurs calculs l'exercice en 2012 par Casino de l'option d'achat qu'il détient sur son partenaire brésililen Grupo Pao de Azucar (ex-Companhia Brasileira de Distribuição), Jean-Charles Naouri a indiqué que « la perspective du contrôle de GPA a une très grande valeur pour le groupe et ses actionnaires », laissant peu de doute sur son objectif à terme. Il lui reste à être tout aussi explicite concernant l'option que Casino détient sur Monoprix.

Concernant l'exercice en cours, le groupe n'a pas donné d'objectifs chiffrés pour le chiffre d'affaires et le résultat, mais a confirmé en revanche l'objectif de ratio dette financière nette sur excédent brut d'exploitation inférieur à 2,2, grâce notamment à l'achèvement de son « plan de cession d 'actifs à hauteur de 1 milliard d'euros », quelque 300 millions restant à réaliser d'ici à la fin de l'année.


A. BO., Les Echos, le 30.07.10

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