Les secteurs

Jardinage : Gamm Vert veut consolider le marché des jardineries

08.03.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

Le réseau Gamm Vert, filiale du groupe coopératif InVivo, est prêt à des acquisitions. L'enseigne entend aussi développer les produits alimentaires du terroir.

Deux très mauvais printemps et l'attrition du pouvoir d'achat auront eu raison du marché français de la jardinerie. Et la coopérative InVivo, fort de la résistance de son enseigne Gamm Vert, entend profiter de la fin de l'âge d'or des Jardiland et autres Truffaut pour renforcer ses positions.

Après le gel, en 2012, c'est la pluie incessante et le froid qui ont gâché, l'an passé, la saison durant laquelle les jardineries réalisent 60 % de leurs ventes annuelles. De janvier à juin 2013, les achats de plantes et arbustes ont plongé de 12 %. Et à fin novembre 2013, selon les derniers chiffres de l'association Promojardin, le marché avait baissé de 4 %. Dans le même temps, le chiffre d'affaires de Gamm Vert était stable (+ 0,3 % ) à surface comparable et gagnait 5 % sous l'effet du ralliement de nouveaux magasins indépendants à ce réseau de franchises comptant déjà plus de 1 000 points de vente.

Passé les averses du début d'année 2013, l'activité de Gamm Vert gagnait même 5 % à périmètre constant au cours du second semestre. Selon son directeur général, Jean-Pierre Dassieu, 2014 pourrait se terminer sur une nouvelle progression annuelle, de 6 % . Sur la période 2006-2007 à 2012-2013 (l'exercice de la maison mère InVivo se clôture fin juin), le chiffre d'affaires de l'enseigne, qui autrefois désignait les libres-services agricoles adossés aux coopératives, est passé de 720 millions à 1,16 milliard d'euros.

Un modèle équilibré et pérenne

Pendant ce temps, Jardiland, la marque la plus connue des jardiniers français, annonçait son passage, avec ses 200 très grandes surfaces, sous le contrôle de L-GAM, le fonds de la famille princière du Lichtenstein. Une opération de 40 millions d'euros qui reste à finaliser.

Pour les dirigeants de InVivo, le modèle de Gamm Vert est plus équilibré, et pérenne, que celui de ses concurrents. D'abord, le réseau s'appuie sur trois formats, allant de la proximité, pour les villages ruraux (Gamm Vert village, 500 m², 351 unités) aux grandes agglomérations (Gamm Vert nature, 3 500 à 6 000 m², 65 points de vente) en passant par les Gamm Vert standards de 1 500 m² (604). Surtout, la solidité de l'enseigne repose sur une offre plus complète avec à côté des végétaux et de l'alimentation animale, des vêtements et chaussures d'extérieur, ainsi que des produits alimentaires du terroir et des ustensiles de cuisine traditionnels. « A terme, nous souhaitons que ces deux familles représentent 30 % de notre chiffre », explique Jean-Pierre Dassieu. Le positionnement un peu « décalé » de l'enseigne s'illustre aussi dans le coeur de l'offre que constitue le végétal : aux géraniums et lauriers roses, Gamm Vert préfère les légumes du potager, niche où elle s'affirme comme le numéro un français avec 16,5 % de parts de marché.

« Au total, nous sommes le leader français de la jardinerie, mais avec 8 % de parts de marché seulement dans un paysage très éclaté », analyse Thierry Blandinières, le directeur général de InVivo. « Compte tenu de la résilience de notre modèle, nous entendons profiter de la période de concentration qui s'ouvre en regardant tous les dossiers qui se présenteraient, y compris ceux de chaînes intégrées », explique-t-il aux « Echos ». « Le développement de cette activité grand public est l'une des priorités stratégiques de notre plan à l'horizon 2025 », poursuit-il.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 05/03/2014

Dernières actualités