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Innovation : comment Accor veut réinventer son hôtellerie

01.05.2012, source : Les Echos.fr

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Réinventer l’hôtellerie : c’est l’objectif que s’est fixé Accor il y a deux semaines en dévoilant sa stratégie de développement durable. Après deux ans de travail sur les attentes des clients en la matière et après avoir mesuré les impacts environnementaux du groupe, la direction mobilise ses 4.300 hôtels sur une vingtaine d’objectifs d’ici à 2015.

Energie, emplois, alimentation, qualité de l’air intérieur : la plupart des problématiques du secteur sont traitées. « Nous visons une hausse de 5 % en moyenne de chacune de nos cibles. La consommation d’eau devra ainsi baisser de 15 %, alors que l’objectif était de 10 % sur la précédente période 2006-2010 », explique Sophie Flak, directrice du développement durable du groupe. Il s’agit de diffuser les bonnes pratiques testées ces dernières années dans les établissements pionniers de chaque chaîne.

Un label baptisé « Planet 21 » décerné par Accor viendra récompenser les hôtels du groupe engagés sur une dizaine de cibles. Rien de révolutionnaire en soi par rapport à des hôtels indépendants ou des chaînes déjà positionnées sur le sujet comme Element de Westin. Toutefois, Accor continue de pousser plusieurs innovations plus radicales.


Objectif zéro déchet

Exemple avec la suppression des déchets. Le groupe estime en générer 2,3 millions de tonnes par an, à 70 % liés aux travaux de construction et de rénovation. C’est l’un des trois domaines qui pèsent le plus lourd dans son bilan écologique. Une dizaine de chantiers très écologiques seront lancés d’ici à 2015, mais déjà quelques réalisations modèles ont vu le jour comme Suite Novotel d’Issy-les-Moulineaux, inauguré en décembre dernier et portant l’une des premières certifications HQE hôtellerie.


Au-delà des chantiers, le groupe a prévu d’ici à 2015 d’amener 85 % de ses hôtels à recycler leurs déchets. Les trois quarts valoriseraient déjà le papier et le carton. Et Sophie Flak prépare avec un établissement suisse le passage à une démarche zéro déchet. Des solutions existent déjà pour les déchets de cuisine : dans nombre d’hôtels, les huiles sont recyclées en biocarburants. Le groupe vient par ailleurs de tester dans un Pullman parisien un composteur thermodynamique, capable de digérer les aliments. La machine, qui a montré son efficacité, reste toutefois bien trop expérimentale : dénuée de dispositifs de sécurité, elle a dû repartir chez le constructeur.

Accor mise aussi sur une baisse des polluants. Ses hôtels vont devenir une vitrine de promotion des produits écolabellisés puisque 85 % d’entre eux devront en mettre à la disposition des employés ou des clients. Ses équipes techniques ont approché le fournisseur de produits d’entretien professionnels verts Diversey. Plus largement, à chaque rénovation de bâtiment, le groupe compte remplacer les matériaux et les peintures traditionnelles par des substances émettant moins de composés organiques volatils.

La R&D du groupe pousse une autre innovation, le lavage à la vapeur des chambres qu’elle codéveloppe avec un fournisseur. Cette machine expérimentale, testée dans plusieurs hôtels pilotes, offre une diminution du volume de produits chimiques, réduit de 37 à 2 litres l’eau nécessaire, mais elle diminue surtout la pénibilité du travail des femmes de chambre. « Il faut actuellement 40 flexions par chambre, alors que la machine permet de rester debout », précise Sophie Flak.


Matthieu QUIRET, Les Echos, le 25/04/2012

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