Les secteurs

Industrie, services, commerce : l'inquiétude des chefs d'entreprise se généralise

26.04.2013, source : Les Echos.fr

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L’indicateur du climat des affaires de l’Insee perd encore 2 points en avril. Le frémissement de l’industrie n’est plus d’actualité, la tendance est inquiétante dans les services.

Le rebond n’est pas pour maintenant. Les enquêtes de conjoncture publiées hier par l’Insee viennent confirmer que le début d’année n’a pas été bon et laissent clairement penser que le printemps ne sera pas meilleur. L’indicateur du climat des affaires a encore perdu 2 points en avril pour se situer à son plus bas niveau depuis août 2009, quand l’économie sortait de sa plus forte récession de l’après-guerre.

Partout, les entrepreneurs ont le moral en berne. Il perd 3 points dans l’industrie, 4 points dans le commerce de détail et 1 point dans les services. Et s’il remonte très légèrement dans le bâtiment, il se situe sous sa moyenne de longue période.

La déception est forte dans l’industrie. Le léger frémissement des derniers mois n’est désormais plus d’actualité. Les entrepreneurs constatent que leur activité passée s’est fortement dégradée et ont des carnets de commandes « très peu étoffés ». En février et mars, le secteur automobile laissait penser qu’il avait touché le fond. Les signaux envoyés hier montrent que ce n’est pas le cas...

Dans les services aussi, la tendance est mauvaise. Alors que ce secteur est traditionnellement peu volatil, cela fait trois mois d’affilée que le moral des chefs d’entreprise se replie. Il revient à son niveau de la mi-2009, sur fond de mauvais début d’année et de perspectives qui se détériorent. Quant au commerce de détail, il subit de plein fouet la panne de consommation. Le secteur de l’hébergement et de la restauration est très affecté.

Après un recul du PIB de 0,3 % fin 2012, les économistes sont nombreux à craindre une nouvelle contraction de l’activité lors des trois premiers mois de l’année. L’Insee table sur une croissance nulle, « un scénario qui reste tout à fait vraisemblable », précisait hier Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture de l’institut statistique, à la lumière des derniers chiffres.

Recul des embauches

En revanche, la perspective d’une petite hausse de 0,1 % attendue au deuxième trimestre est plus incertaine. « Elle apparaît légèrement optimiste à ce stade », concède-t-il. Interpellé par la dégradation du climat des affaires dans les services, l’expert ne voit, en revanche, pas de signes de décrochage de l’industrie. Les perspectives personnelles de production des chefs d’entreprise se dégradent moins que leur production passée et, à défaut d’être bonnes, elles restent proches de leur moyenne de longue période.

Entre une très légère récession et une très légère croissance, il n’y a que l’épaisseur d’un trait. Pas de quoi remédier en tout cas aux difficultés du marché du travail. Proche du record absolu, le nombre de demandeurs d’emploi en mars sera publié demain soir. Au premier trimestre, les embauches de plus d’un mois (hors intérim) ont reculé de 3,3 % par rapport au trimestre précédent, avec un très net recul des CDI (- 6 % ), selon l’Acoss. Les intentions de recrutement des cadres sont également en baisse, indique l’Apec.

Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 24/04/2013

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