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Immobilier : Meilleurtaux.com veut renouer avec la rentabilité en attendant d'être vendu

24.10.2011, source : Les Echos.fr

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Rendre plus belle la mariée en vue d’une éventuelle union. C’est la mission qui a été confiée au nouveau patron de Meilleurtaux.com, Hervé Hatt, arrivé en juin dernier pour remplacer Christian Camus. Disparue des actualités financières et boursières depuis son retrait de la cote, la filiale de BPCE ne se voile cependant pas la face. « BPCE n’a pas vocation à rester actionnaire de Meilleurtaux.com. Cela n’a pas changé. Banque et courtier, ce n’est pas la bonne combinaison. Mais il n’y a pas d’urgence et le bon moment pour vendre, ce sera quand l’entreprise sera pérenne, avec un vrai succès, commercial et financier à la fois », a dit Hervé Hatt, hier, lors d’une conférence de presse.


Retiré de la cote en 2009

C’est la Caisse nationale des Caisses d’Epargne (CNCE) qui était entrée à l’origine dans le capital de Meilleurtaux.com, en 2006. Associée à la MAIF, à la Macif et à Nexity, cette acquisition témoignait de l’appétit sans bornes des Caisses d’Epargne pour créer un grand pôle spécialisé dans les métiers de l’immobilier. Mais, depuis 2007, Meilleurtaux, engagé d’abord dans une croissance effrénée puis dans une restructuration coûteuse, n’a jamais réussi à dégager de bénéfices. Pris dans la tourmente de la crise financière et immobilière, le deuxième courtier en France, derrière Cafpi et devant Empruntis, a été retiré de la cote en 2009 et le nouveau BPCE, issu du rapprochement des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, en est devenu l’actionnaire principal.


Après trois mois de présence, Hervé Hatt assure que le retour dans le vert peut être réalisé entre 2012 et 2013. « Difficile d’être plus précis, car nous ne savons pas encore comment va être le marché en 2012 », explique-t-il. En attendant, il a lancé une transformation du modèle du courtier pour le rendre « plus efficace tout en capitalisant sur sa marque forte en France et sa présence importante sur le Web ». La diversification des offres vers le rachat de crédits et surtout l’assurance emprunteur va se poursuivre.

Par ailleurs, toutes les succursales qui restent en gestion seront transformées en franchises. Ce projet, encore en discussions, concerne 33 agences sur un total de 150 points de vente et 150 salariés.  « La performance commerciale des franchises est de loin meilleure que celle des agences propriétaires, car elles sont tenues par des entrepreneurs », explique Hervé Hatt. Les franchises transforment 60 % des demandes de prêts contre 10 % à 13 % pour le site Internet.

Aujourd’hui, Meilleurtaux revendique 2,5 % de part de marché en ne couvrant que 30 % du territoire potentiel. Trente et une nouvelles franchises seront donc ouvertes cette année et 30 en 2012. Enfin, sur le plan commercial, une campagne de publicité a commencé et une application iPhone sera lancée en fin de semaine. Depuis 2006, Meilleurtaux était absent des écrans.


Réjane REIBAUD, Les Echos, 19/10/2011

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