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Immobilier : les ventes de logements neufs vont vers leur plus bas niveau depuis 20 ans

23.02.2014, source : Les Echos.fr

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La baisse des permis de construire en 2013 fait anticiper aux promoteurs un recul de 10 % à 12 % des ventes en 2014. Le prix du neuf, lui, n’a diminué que de 1,6 % l’an dernier.

Le recul de 13 % des permis de construire octroyés et des mises en vente de logements neufs l’an dernier fait craindre aux promoteurs des ventes qui retomberaient cette année sous la barre des 70 000 logements, ce qui ne leur était plus arrivé depuis 1995. « Au vu des indicateurs actuels, on peut anticiper un recul de 10 % à 12 % des ventes aux particuliers cette année, soit 67 000 logements, ce qui se rapprocherait dangereusement du creux de 1992, où seulement 62 300 ventes avaient été enregistrées, souligne François Payelle, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Sachant qu’à l’époque, la France comptait 56 millions d’habitants, contre 66 millions aujourd’hui et que les besoins ne sont donc pas les mêmes. »

Il faut compter actuellement de six à neuf mois entre l’octroi du permis de construire et la vente d’un nombre de logements suffisant pour obtenir un financement bancaire pour la construction du programme. Donc, si le niveau de permis de construire de 2013 ne préjuge pas à lui seul des ventes de logements neufs en 2014, la FPI souligne qu’il l’influence lourdement.

Désistement

Autre facteur inquiétant, « nous observons depuis trois ou quatre mois une augmentation importante du taux de désistement des clients pour cause de refus de prêt par les banques, ajoute François Payelle. Le motif est un apport personnel jugé insuffisant ou un raccourcissement de la durée du prêt ».

Selon les chiffres dévoilés par la FPI, le prix du neuf n’a diminué que de 1,6 % , car « il est relativement inélastique vu le poids des normes et des contraintes techniques à la construction ». 75.000 logements ont tout de même été vendus l’an dernier. Un chiffre en ligne avec 2012 (+ 1,4 % ), correspondant au haut de la fourchette de prévision des promoteurs (70.000 à 75.000 ventes), mais avec une baisse de 7 % au quatrième trimestre par rapport à la même période en 2012. Le rebond observé au deuxième trimestre n’a pas duré.

Locatif en berne

En 2013, 40 % seulement des logements ont été vendus à des investisseurs en locatif contre 60 % en 2010 à l’apogée du régime Scellier. Soit 30 000 ventes à investisseurs (sur 75 000 au total), en recul de 4 % en un an et loin de l’objectif gouvernemental de 40 000 ventes locatives. « Ce type de ventes connaît traditionnellement un rebond en fin d’année, indique François Payelle. Là, il a été très inférieur à la normale », chutant de 13 % au quatrième trimestre par rapport à la même période en 2012. Les caractéristiques de la loi Duflot sont pourtant jugées satisfaisantes, mais « il y a eu un problème d’incertitude sur la modulation à la baisse des plafonds de loyer par les préfets de région, qui ont handicapé les ventes », explique le président de la FPI.

Aujourd’hui, l’inquiétude se focalise sur l’accession à la propriété. Elle a, certes, progressé de près de 6 % en nombre de logements vendus, mais c’est l’agrégation d’un rebond en début d’année suivi d’une glissade. « Elle s’érode au fil des trimestres malgré les taux d’intérêt bas. Il faut réformer le prêt à taux zéro plus (PTZ+) », insiste la FPI.

Myriam CHAUVOT, Les Echos, le 14/02/2014.

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