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Immobilier : les taux de crédit devraient continuer de se replier

15.03.2012, source : Les Echos.fr

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Selon le courtier Meilleurtaux.com, en perte en 2011, les taux de crédit immobilier ont baissé depuis le début de l’année et devraient continuer de le faire. Une éventuelle remontée serait limitée à 20 ou 30 centimes.

Si surprenant que cela puisse paraître, les taux des crédits immobiliers sont en baisse depuis le début de l’année et devraient continuer à se replier quelques mois encore. «Il y a un réel décalage entre la perception du marché et la réalité », a déclaré lundi 12 mars Hervé Hatt, directeur général de Meilleurtaux.com au cours d’une conférence de presse. Pour le deuxième courtier français derrière Cafpi, il n’y aurait même aucun signe de blocage du marché, bien au contraire.

Pour preuve, 83% des banques qui travaillent avec Meilleurtaux ont baissé leur taux fixe d’en moyenne 0,12 point en mars et 17% ont laissé leurs taux stables. «Cette absence totale de hausse des taux est inédite depuis mai 2010 », précise Hervé Hatt. En janvier et février, ils étaient également orientés à la baisse. Le recul est même plus fort pour les durées de 15 à 20 ans actuellement privilégiées par les banques. Les taux sont respectivement passés de 4,05% et 4,31% en janvier à 3,95% et 4,20% en mars. «Ca signifie que les banques ont retrouvé une marge de manoeuvre pour prêter à des taux corrects », souligne le courtier.

Les conditions de refinancement des banques se sont améliorées, notamment grâce à la BCE et à un Euribor 3 mois au plus bas depuis 13 mois. Pour le courtier, une légère hausse des taux serait possible d’ici à la fin de l’année, mais elle se limiterait à 20 ou 30 centimes. Et c’est surtout la réglementation Bâle III qui contraint les banques à se refinancer sur des maturités plus longues et donc plus chères qui pourrait entraîner cette évolution. «Mais absolument rien ne milite pour une hausse violente », juge Hervé Hatt.

Alors pourquoi un tel décalage entre le discours ambiant et la réalité ? A traduire les propos de Meilleurtaux, tout est question de vocabulaire. Les banques n’ont pas resserré les conditions de crédit par une augmentation des taux, mais resserré leurs critères d’octroi. Autrement dit, les années 2000 à 2007 où elles s’étaient permis de prêter à 110% ou bien sur du 35 ans et sans apport sont terminées. Ce qui, par définition, exclut un certain nombre d’emprunteurs.

«Ce resserrement de critères se fait finalement sur des critères de bon sens et sans être excessifs », estime Hervé Hatt. En outre, même si la tendance générale des taux est à la baisse, il y a encore des différences de niveaux selon les régions et d’une banque à l’autre. Par ailleurs, le courtier note une chute de près de 18% des dossiers déposés sur le site avec un compromis de vente signé alors que le nombre global de dossiers est stable (environ 27.000). «Cela montre qu’il y a un attentisme, une certaine prudence de la part des acheteurs », explique le courtier.

Reste que le pouvoir d’achat immobilier est toujours en baisse. Une mensualité de crédit de 1.000 euros sur 20 ans ne permet plus d’acheter que 50 m2, contre 90 m2 en l’an 2000. A Paris, la chute est vertigineuse : - 60% de pouvoir d’achat. La baisse des prix immobiliers prévue par le courtier, qui devrait se limiter à 5% à 10% en 2012, ne sera qu’une maigre compensation.


Pertes de résultat

En marge de la présentation, Meilleurtaux.com a indiqué que l’exercice 2011 s’était soldé par nouvelle une perte financière, sans préciser son montant. La filiale à 100% de BPCE, entrée dans le giron des Caisses d’épargne en 2007 en haut de cycle, mise désormais sur la franchise. Le taux «de transformation » est selon son dirigeant plus important dans les agences franchisées (de 70% à 80% ) que dans celles détenues en propre. L’établissement veut donc céder 33 boutiques qui viendront s’ajouter aux 145 déjà existantes en franchise.


Réjane REIBAUD, Les Echos, 12/03/2012

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