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Immobilier : les taux de crédit atteignent leur plus bas historique

08.01.2013, source : Les Echos.fr

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En décembre, le taux moyen de crédit immobilier atteint 3,23 %. Un point bas jamais atteint depuis novembre 2010.

« Une situation totalement inédite depuis la Libération ». C’est par ces mots que l’Observatoire Crédit Logement juge la configuration des taux du crédit immobilier recensés en France au mois de décembre. Ils ont atteint un plus bas historique à 3,23 % , hors assurance et coût des sûretés, soit un taux inférieur au précédent record de 3,25 % établi en novembre 2010, indiquait hier Crédit Logement, l’organe central de garantie des prêts pour le logement.

Depuis le mois de mars, les taux ont reculé de 72 points de base en moyenne. La baisse se fait sentir sur l’ensemble du marché aussi bien dans l’ancien, qui est passé de 3,97 % en février à 3,23 % en décembre, que sur le marché du neuf, dont le taux moyen est passé de 3,93 % en février à 3,22 % le dernier mois de l’année 2012.

Les acquéreurs modestes écartés

Pour l’institution, ce niveau a permis aux établissements de crédit de limiter « la chute d’activité d’un marché particulièrement déprimé ». Alors qu’elle avait rebondi de plus de 42 % en novembre par rapport au mois précédent, la production des crédits par les établissements bancaires en France sur les logements anciens a en effet de nouveau chuté en décembre (- 12,1 % ). Sur un an, elle marque une baisse de 46,6 %.

Cet effondrement est à lier notamment à la suppression du PTZ+, qui a éloigné les acquéreurs modestes dans un marché de l’immobilier aux prix extrêmement élevés. « La disparition de ce dispositif a empêché au moins 150.000 nouveaux acquéreurs de venir sur le marché », estime un professionnel. Le recul de la production est d’autant plus impressionnant que l’année 2011 avait été exceptionnellement élevée. Les particuliers avaient alors justement anticipé la suppression de plusieurs dispositifs fiscaux en accélérant leurs acquisitions.

En décembre, la durée moyenne des prêts s’est établie à 208 mois contre 207 en octobre et septembre, après un « recul brutal » en avril, quand elle est passée à 200 mois, contre 214 depuis le début de l’année 2011. L’observatoire note également une recrudescence des prêts à taux variable. Ils représentaient 5,8 % au troisième trimestre 2012 et 7,3 % en décembre.

Enfin, en dépit d’un recours moins intense au financement par endettement, qui va de pair avec la disparition des acquéreurs les moins aisés (le montant moyen est en recul de 1,2 % en 2012 après + 0,9 % en 2011 et + 6,8 % en 2010), l’observatoire note que l’indicateur de solvabilité de la demande s’est dégradé « dès le début de l’année ». Pour lui, la reconfiguration du PTZ+ « y a largement contribué ». Son niveau « illustre la faiblesse de la demande et l’atonie des différents marchés immobiliers » (neuf, ancien, travaux), poursuit l’observatoire.

Réjane REIBAUD, Les Echos, 04/01/2013

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