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Immobilier : la France, îlot de prospérité

25.06.2012, source : Les Echos.fr

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Malgré les Cassandre, la France immobilière se porte bien, en tout cas pour ses professionnels.

Le mot n’a pas le même sens pour tous. La crise, pour les professionnels, avec prix et commissions en baisse, serait un soulagement pour leurs clients qui cherchent à se loger, avant de spéculer ou tenter des économies d’impôts. Elle n’est pas encore à l’ordre du jour : l’effondrement des prix annoncé à la fin 2011 n’a pas eu lieu. Si les transactions se sont nettement ralenties, donnant lieu sans doute à des négociations plus serrées et plus fructueuses, la baisse des ventes n’a pas eu pour conséquence, ni dans l’ancien ni dans le neuf, de créer de formidables aubaines pour les acheteurs. Malgré l’ambiance morose, plusieurs réseaux dont Era et Century 21 campent sur leurs prévisions et n’annoncent pas de chute spectaculaire des prix.


Gros producteur de logements

Ainsi, l’Hexagone se retrouve-t-il très haut dans bien des tableaux de l’étude menée par le cabinet Deloitte sur l’immobilier européen : en tête des prix avec une capitale à plus de 8.000 euros du mètre carré, en tête de l’endettement pour acheter un bien. La France est aussi, après l’Espagne le plus gros producteur de logements avec 5,7 appartements ou maisons livrés pour 1.000 habitants en 2011. Ce record ne tiendra peut-être plus en 2012 compte tenu des difficultés des promoteurs. Il s’explique selon Laure Silvestre-Siaz, associée chez Deloitte, par la prise en compte de tous les logements construits, y compris les résidences services et résidences secondaires. Ce résultat confirme aussi que si la France manque de logements, la pénurie n’est pas également répartie sur tout le territoire. Parmi les logements construits en 2011, certains produits défiscalisés l’ont été dans des régions de faible demande, alors que les promoteurs ne se précipitent pas sur les terrains trop coûteux d’Ile-de-France et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le pays est également bien (ou mal selon les points de vue) placé si l’on prend en compte le « coût d’utilisation des logements » comprenant les charges et les travaux d’entretien : en seconde position derrière le Danemark, l’Hexagone est 40 % plus cher que la moyenne européenne. Enfin, la France décroche le record de la hausse des prix en 2011 avec 6,2 %, suivie par l’Allemagne à 4 %, l’Autriche et la Belgique.


Catherine SABBAH, Les Echos, le 21/06/2012

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