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Immobilier : la cession de foncier par l'Etat ne suscite pas beaucoup d'espoirs chez les promoteurs

22.07.2012, source : Les Echos.fr

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Le promoteur Kaufman & Broad, qui a observé en juin un rebond de ses ventes, réagit sans enthousiasme à cette mesure du gouvernement annoncée mercredi 18 juillet.

Les ventes de logements neufs reprendraient-elles ? Le nombre de logements vendus a progressé de 7 % en juin par rapport au même mois l’an dernier chez Kaufman & Broad. Les résultats semestriels des autres grands promoteurs, à commencer par Nexity mercredi, diront s’il s’agit d’une embellie générale.

Les ventes de Kaufman & Broad ont certes baissé de 24 % à 2.496 logements au premier semestre, mais le promoteur avait réduit de 39 % ses mises sur le marché de nouveaux logements (2.862 contre 4.671 il y a un an). Ses clients comptent très peu de secundo-accédants, assez peu d’investisseurs, mais beaucoup de « ventes en bloc » aux organismes HLM (23 % des ventes en valeur) et de primo-accédants (35 % des ventes en valeur contre 25 % il y a un an). Mais le marché de l’accession reste grippé. Ce ne sont pas les primo-accédants modestes et rarement les « vrais » primo-accédants qui peuvent acheter (au regard des textes, est primo-accédant celui n’ayant pas été propriétaire pendant deux ans avant l’achat).


L’opposition des maires

Il faudrait baisser les coûts et construire plus en zone tendue, mais la mise à disposition des 2.000 hectares de foncier de l’Etat recensés ne suscite pas d’espoirs effrénés chez les promoteurs. Ils pourront accueillir 110.000 nouveaux logements d’ici à 2016, a indiqué mercredi la ministre du Logement. « C’est peu au regard de l’objectif de construire 500.000 logements par an ! remarque le PDG Guy Nafilyan. Par ailleurs, vu les délais pour les rendre constructibles et les neuf mois nécessaires pour l’obtention d’un permis de construire, etc., les mises en chantier n’interviendront pas avant 2015. En fait, les nouveaux logements sortiront de terre en 2016, pour la fin du quinquennat... »


La balle est en réalité dans le camp des maires. « Nombre d’entre eux ne veulent pas construire, c’est pourquoi la majoration de 30 % des droits à construire avait elle aussi peu d’intérêt : déjà aujourd’hui, quand le plan local d’urbanisme (PLU) autorise un coefficient d’occupation des sols de 2.000 mètres carrés sur un terrain, le maire trouve ça trop dense ! », explique Guy Nafilyan. Pour surmonter le barrage des maires, il faudrait ne plus dépendre d’un seul élu, donc « il faut que les PLU soient intercommunaux, poursuit le PDG, et que soient rendus immédiatement disponibles à la construction les terrains mentionnés dans les PLU comme à urbaniser ». Autant dire passer en force malgré l’opposition des députés-maires.


Myriam CHAUVOT, Les Echos, les 20/07/2012

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