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Immobilier : la baisse des ventes de maisons individuelles s'est accélérée en juin

08.07.2012, source : Les Echos.fr

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Les constructeurs, qui représentent la majorité des logements neufs vendus aux particuliers, devant les promoteurs, souffrent de la moindre solvabilité des primo-accédants.

Pas d’embellie pour les constructeurs de maisons individuelles, au contraire : « Le recul des ventes a été de 21% en juin par rapport à juin 2011 contre un repli de 19 % en mai, alerte le président de l’Union des Maisons Françaises (UMF), Christian Louis-Victor. La baisse des ventes s’accélère au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la queue d’activité de 2011. » Depuis avril, les ventes mensuelles sont au plus bas depuis cinq ans et en cumul sur les douze derniers mois à fin mai, 135.700 maisons seulement ont été vendues (-19 % ) selon le baromètre Markemetron de l’UMF.

L’enjeu est important car les constructeurs représentent plus de la moitié des logements neufs vendus aux particuliers, avec 148.000 maisons en individuel pur écoulées l’an dernier contre 104.288 appartements et maisons de promoteurs, hors ventes en bloc aux bailleurs sociaux.

Le repli concerne toutes les régions et s’il est particulièrement fort en cumul sur 12 mois dans les régions de l’Ouest (-35 % ) et du Languedoc-Roussillon (-31 % ), il touche aussi l’Ile-de-France (-13 % ).


Cible, les ménages modestes

Les maisons individuelles sont pourtant la forme de logement neuf la moins chère : terrain inclus, en moyenne elles reviennent entre 1.600 et 2.000 euros le m 2 contre un peu moins de 3.000 euros pour les logements neufs (appartements et maisons) des promoteurs, du fait de leur localisation plus éloignée des villes, et de leur moindre coût de construction (pas d’étages, de parties communes, de parkings en sous-sol etc).


Le coeur de cible des constructeurs est les ménages modestes et 80 % de leurs ventes se font à des primo-accédants. Or justement, « le problème du marché est la désolvabilisation, actuellement, des primo-accédants au revenu net par foyer inférieur à 2.500 euros par mois », explique Christian Louis-Victor. Depuis qu’il a été réformé fin 2010, le prêt à taux zéro plus (PTZ+) demande un remboursement trop rapide qui rend les plus modestes moins solvables. « Il faut mettre en place une aide à l’accession à la durée de remboursement plus longue et au montant plus important pour les ménages modestes afin de compenser le surcoût de 9 % à 13 % des normes BBC », réclame Christian Louis-Victor.

Des promoteurs reconnaissent le même phénomène, avec une explication supplémentaire. « En Alsace, Bourgogne, Franche-Comté, dans le Nord ou en Bretagne Sud, la baisse des ventes traduit la désolvabilisation, amplifiée par les ventes en Scellier qui ont fait monter les prix de l’immobilier », a estimé hier Christian Rolloy, PDG de Promogim, qui présentait ses résultats semestriels . Le Scellier est en fin de vie mais « il est peu probable que les prix baissent, a poursuivi Christian Rolloy. Quand le produit est bien placé, la demande est là », sauf pour les plus modestes.


Myriam CHAUVOT, Les Echos, le 05/07/2012

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