Les secteurs

Immobilier d'entreprise : les investisseurs refusent le risque

21.09.2010, source : Les Echos.fr

imprimer

La pénurie d'offres de bureaux et de commerces de premier choix limite la reprise du marché, les investisseurs refusant de se risquer sur des actifs de moindre qualité. Les loyers ne progressent pas significativement. Le marché devrait rester stable en 2011.

Les liquidités cherchent à s'investir et la pierre constitue plus que jamais une valeur refuge. L'immobilier d'entreprise, qui offre un rendement imbattable vu la faiblesse des taux d'intérêt, confirme donc sa reprise. Seul hic : les investisseurs refusent tout risque et se concentrent donc sur les bureaux ou commerces de premier choix (les actifs « prime »), dont l'offre est limitée, tandis que « le marché des biens secondaires, dont le prix n'a pas encore assez baissé, est quasi nul », observe Marc-Henri Bladier chez le conseil immobilier CB Richard Ellis. Résultat : une reprise molle des investissements, qui ont atteint 5,2 milliards d'euros au 1 er septembre selon les estimations de CBRE (60 % de bureaux et 32 % de commerces), en hausse de 53 %  sur un an.


2012 : retour à la normale ?

La pénurie d'offres d'actifs « prime » va probablement entraîner un nouveau renchérissement des prix et sur l'année les investissements devraient atteindre de 9 à 10 milliards d'euros, estiment tant CBRE que BNP Paribas Real Estate. « 2011 devrait ensuite être en ligne avec 2010, car l'insuffisance d'offres limite le marché », estime Antoine Bervillle chez CBRE. On est loin des quelque 28 milliards du pic de 2007, mais « ce niveau était dû à une bulle de crédit, les deux tiers des actifs étaient financés par dette », souligne-t-il. Une année « normale » se situerait plutôt entre 14 et 15 milliards d'investissements et, pour cela, il faudra attendre 2012 au mieux.

Même constat mitigé du côté des transactions locatives. Le taux de vacance baisse à Paris, mais augmente à la Défense, au total « l'offre est stable et la demande placée a progressé de 26 %  en un an à 1,4 millions de mètres carrés, tirée par Paris intra-muros (44 % ), tandis que la couronne parisienne (hormis l'ouest) peine à redémarrer », commente Marc-Henri Bladier. Pas de hausse franche des loyers : la moyenne sur l'Ile-de-France, à 305 euros pour des surfaces neuves progresse de 1 %, mais certains loyers baissent et « le loyer facial de 734 euros le mètre carré pour les bureaux "prime" à Paris, s'il a remonté, comprend en fait de un mois et demi à deux mois de franchise par année de bail », relève Marc-Henri Bladier, pour qui la demande placée devrait atteindre 2 millions de mètres carrés cette année, soit un peu plus que l'an dernier, mais rester ensuite stable à ce niveau l'an prochain, tout comme les valeurs locatives.

Myriam Chauvot, Les Echos, le 20.09.10

Dernières actualités