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Image des entreprises : la grande distribution remonte

10.12.2013, source : Les Echos.fr

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Le dernier baromètre trimestriel Posternak-Ifop sur l'image des entreprises perçue par les consommateurs reflète les préoccupations de pouvoir d’achat.

Qui tire le mieux son épingle du jeu en termes d’image dans une période de recul du moral des ménages et d’interrogations sur la fiscalité ? La grande distribution et les banques. C’est l’enseignement de la dernière vague de l’année du baromètre trimestriel Posternak-Ifop. Dans leur ensemble, les entreprises se montrent d’ailleurs plutôt résistantes face à la morosité ambiante, avec un indice moyen d’image - marquant la différence entre bonnes et mauvaises opinions - stable par rapport à septembre.

La grande distribution, un peu moins valorisée au cours des derniers mois, retrouve sa place dans le haut du classement. Leclerc grimpe sur la troisième marche du podium, au lieu de la cinquième il y a trois mois, et repasse devant Intermarché. « La bonne image de la distribution tient à l’anticipation par les Français d’une baisse à venir de leur pouvoir d’achat. A leurs yeux, le secteur a pour mission de les défendre », analyse Claude Posternak, président de La Matrice, agence dédiée à l’opinion.

« La confiance revient »

Auchan fait aussi partie du Top 10 des 30 entreprises analysées. Quant à Carrefour - au 11e rang -, il affiche la meilleure progression du secteur, avec 4 points supplémentaires d’indice. La banque et l’assurance font aussi partie des gagnants du moment. Leur image progresse même, en moyenne, de 5 points. Le Crédit Mutuel, la Caisse d’Epargne et Groupama font partie du premier tiers, alors que les établissements cotés se situent plus loin dans le classement. « Qui aurait dit qu’une banque figurerait au sixième rang des entreprises préférées des Français après la crise des "subprimes" et celle des dettes souveraines ? Le secteur avait touché des plus bas historiques. Au fur et à mesure que les zones de turbulences s’éloignent, la confiance revient, en premier lieu pour les établissements mutualistes », remarque Claude Posternak.

La situation est plus contrastée dans d’autres pans de l’économie. « A part Airbus, dont le carnet de commandes est bien rempli, l’industrie qui vit des restructurations est peu mise en valeur dans cette vague du baromètre », constate le président de La Matrice. L’embellie de l’automobile, constatée il y a trois mois, n’aura ainsi été que de courte durée. La fermeture d’une usine aussi emblématique que celle de PSA à Aulnay-sous-Bois et la baisse historique de la production des deux groupes français dans l’Hexagone, qui a reculé sur les neuf premiers mois de l’année de 18,7 %, ont pesé sur la perception de cet univers.

Pour Air France aussi, la sanction dans l’opinion est spectaculaire. Au cinquième rang en mai, avec un indice d’image de 60, elle n’est plus qu’en dix-huitième position, avec un score atteignant tout juste 38. L’annonce d’un nouveau plan de départs volontaires est passée par là. La réactivité du grand public aux suppressions de postes n’a jamais été aussi vive.

Clotilde BRIARD, Les Echos, 04/12/2013

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