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Hôtellerie : le patron de Starwood Hotels & Resorts juge insuffisante sa présence en France

02.09.2010, source : Les Echos.fr

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La crise dans l'hôtellerie est « passée », selon Frits van Paasschen, le patron de l'opérateur américain. Pour preuve, il doit ouvrir 300 établissements d'ici à trois ou quatre ans. S'il n'a pas besoin d'acquisition, le groupe reste « opportuniste ».

En dépit des incertitudes macroéconomiques, l'administrateur-directeur général de Starwood Hotels & Resorts, Frits van Paasschen, se montre plutôt confiant sur la solidité de la reprise dans le secteur hôtelier. « La crise à laquelle nous avons fait face en 2008 et 2009 est passée. A ce stade, l'activité reste robuste au vu du niveau des réservations », a-t-il déclaré dans un entretien accordé, hier, aux « Echos », à l'occasion de son passage à Paris dans le cadre d'une série de rencontres avec les investisseurs européens.

« En Chine, la croissance continue d'être très forte mais aux Etats-Unis aussi le niveau des réservations reste très bon, à New York, Chicago, ou Seattle, par exemple », souligne-t-il. Dans ce contexte, Frits van Paasschen confirme les dernières prévisions de résultats de Starwood Hotels, revues à la hausse en juillet, dans une fourchette entre 93 cents à 1,05 dollar par action, au lieu de 88 cents précédemment.


Frilosité des banques

Le patron de Starwood Hotels (les enseignes Sheraton, Westin, Le Meridien, W, Aloft, etc.) estime très important le potentiel de développement de l'opérateur hôtelier américain, qui dispose aujourd'hui d'un parc de quelque mille établissements -soit un peu plus de 300.000 chambres -, dont une faible part en pleine propriété (62 au 30 juin dernier).

Concernant le marché nord-américain, le dirigeant, qui a rejoint le groupe en 2007, pointe toutefois la frilosité des banques, d'où une panne en matière de financement de nouveaux hôtels. « C'est la conséquence de la crise, les gens sont plus prudents. Mais cela va s'améliorer parce que la demande est là », constate-t-il.

D'une manière générale, Starwood Hotels « continue d'explorer les opportunités extraordinaires de développement » dans les pays émergents, et notamment en Chine, indique Frits van Paasschen, qui croît aussi au « potentiel » de la vieille Europe. « Les perspectives macroéconomiques sont certes difficiles mais c'est différent pour l'hôtellerie. L'Europe, et notamment Paris, Londres ou Amsterdam, reste une destination touristique internationale phare », remarque-t-il, mettant notamment en exergue l'explosion cet été de la clientèle chinoise à Paris (la hausse des nuitées atteint 180 %  au mois d'août).

A propos de la France, où Starwood Hotels n'a actuellement qu'un seul projet de nouvel établissement d'engagé -un hôtel W va ouvrir à Paris en avril 2011 -, Frits Van Paaschen constate que le dispositif du groupe, soit 7 hôtels - 5 à Paris et 2 à Nice - « n'est pas à la hauteur » de sa place sur la scène internationale.


Pas de nouvelles marques

Par ailleurs, compte tenu de la capacité de croissance organique du groupe, de sa stratégie immobilière de moindre d'étention d'actifs, l'opérateur américain, qui doit déjà ouvrir 300 hôtels dans les trois à quatre années à venir, « n'a pas besoin d'acquisition », ni de nouvelles marques après le lancement d'Aloft et d'Element, respectivement en 2005 et 2006. « Nous restons opportunistes. L'expérience de l'acquisition de la chaîne Le Méridien en novembre 2005 a montré que nous savions intégrer des marques », rappelle le dirigeant. Cinq ans après la reprise de la chaîne d'origine française - mais pas des murs -, Frits van Paasschen qualifie de « bon » le bilan de ce mouvement stratégique. Le Méridien, dont le parc a fait l'objet d'une remise à plat, a notamment des possibilités de poursuivre son expansion aux Etats-Unis avec des marchés clefs à couvrir comme Los Angeles ou Chicago.


CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos, le 31.09.10

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