Hôtellerie : le marché immobilier hôtelier ne faiblit pas en France

09.10.2014, source : Les Echos.fr

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L’hôtellerie française demeure recherchée par les investisseurs. Si les cessions de gros portefeuilles sont plus rares, les transactions restent nombreuses.

Si l’économie française est à la peine, le marché immobilier hôtelier national reste dynamique. La recherche d’actifs reste même soutenue, en dépit d’une activité hôtelière médiocre depuis le début de l’année et de niveaux de prix élevés, tout particulièrement à Paris (75). « Le marché est fluide. Il y a des actifs à vendre. L’accès à la dette est plus facile. Les taux d’intérêt sont bas. Et si les prix restent élevés, les investisseurs peuvent se permettre de dégrader légèrement leur rendement », observe notamment le directeur général Europe du Sud de JLL Hotels & Hospitality Group (groupe Jones Lang LaSalle), Yves Marchal.

Selon cet acteur clef du conseil en immobilier hôtelier, une trentaine d’opérations d’une valeur au moins de 5 millions d’euros ont ainsi été réalisées en France au cours du premier semestre pour un total de l’ordre de 850 à 900 millions d’euros. Annoncé en juin, le rachat pour 344,5 millions de l’hôtel Marriott des Champs-Elysées par le fonds d’investissement hong-kongais Kai Yuan en représente de facto à lui seul le tiers. Il en serait de même pour le Méridien Etoile, l’un des plus gros hôtels d’Europe avec 1.025 chambres, puisque le montant de sa reprise par la société d’investissement Mount Kellett a été évalué à 300 millions.

Finotel, acquéreur de 6 hôtels à Paris

Pour autant, et comme attendu, « il y a moins de ventes de gros portefeuilles », souligne Yves Marchal. A ce titre, JLL Hotels & Hospitality avait estimé, au début de l’année, le volume de transactions pour l’ensemble de 2014 à 1,8 milliard d’euros, contre 2,3 milliards l’an dernier. « Etant donné les performances particulièrement élevées de 2013, il est peu probable que le volume investi soit supérieur en 2014 », confirme la responsable France de CBRE Hotels, Catherine Rawanduzi, qui évalue à un peu plus de 1 milliard d’euros le volume total de transactions pour les six premiers mois de l’année.

Au-delà des établissements emblématiques, l’appétit des investisseurs, notamment français, ne faiblit pas. La société Finotel Gestion adossée au groupe hôtelier Maranatha (43 établissements) vient ainsi d’obtenir l’agrément de l’Autorité des marchés financiers pour un second produit d’investissement qui vise à lever 35 millions pour une capacité d’engagement totale de 60 millions. Objectif : l’acquisition de 6 hôtels à Paris. De même, Swiss Life REIM, qui a repris à la fin du printemps un portefeuille de 26 hôtels auprès de la foncière LFPI - dont l’essentiel du réseau Timhotel -, est toujours à l’affût. L’investisseur, qui procède à un arbitrage en faveur de l’hôtellerie, considérant l’immobilier commercial et de bureaux trop cher, dispose d’une enveloppe de 60 millions pour 15 à 20 unités supplémentaires.

Christophe PALIERSE, Les Echos, le 01/10/2014

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