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Hôtellerie : le directeur général d'Accor met le groupe sous tension

27.05.2013, source : Les Echos.fr

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Yann Caillère, nouveau directeur général, révise le pilotage du groupe hôtelier. Une restructuration des sièges européens se prépare.

Un mois jour pour jour après sa nomination, le nouveau directeur général d’ Accor, Yann Caillère, appuie sur l’accélérateur et sonne la mobilisation générale. L’ancien directeur général délégué chargé des opérations monde, qui s’est vu confier le pilotage opérationnel du groupe hôtelier le 23 avril, dans le cadre de la gouvernance transitoire mise en place après la mise à l’écart de l’ancien PDG, Denis Hennequin, a dévoilé hier aux équipes sa feuille de route mais aussi un remodelage de son comité exécutif.

Ce dernier est la conséquence directe de ses priorités mais aussi d’une volonté d’accélérer la transformation de l’opérateur. Le principe est simple et clair : « Un objectif, un responsable, une équipe ». Cela étant, cette feuille de route à horizon 2016, qui s’accompagne d’un suivi des opérations resserré, reflète une stratégie déjà connue.

Poursuite des cessions de murs

Ainsi, Accor doit poursuivre la révision de son modèle économique de par son objectif, déjà fixé pour 2016, de ramener à 20 % son parc en détention directe ou indirecte (location), la franchise et les contrats de management représentant respectivement 40 % chacun. La poursuite des cessions de murs, soit 800 hôtels concernés, est donc confirmée.

Gilles Bonnier, qui vient de rejoindre Accor pour prendre en charge ses actifs immobiliers hôteliers, a donc un rôle clef. Son titre change néanmoins dans le nouveau comex, qui réunit 7 personnes, puisque l’appellation de « directeur général patrimoine » est abandonnée au profit de « directeur général asset & investissement ». Il s’agit de bien marquer aussi la volonté d’optimiser les investissements de rénovation et de développement d’Accor. En la matière, l’objectif des 30.000 à 35.000 chambres supplémentaires par an est entériné.

En outre, « la digitalisation » du groupe est la deuxième priorité affichée par Yann Caillère. Grégoire Champetier, que Denis Hennequin avait fait venir pour superviser le marketing, sera encore plus impliqué dans la distribution, d’où son nouveau titre de « directeur général marketing & distribution ». Il sera en première ligne dans la bataille contre les géants de la réservation hôtelière numérique. Accor, qui avait prévu pour ce faire une enveloppe de 30 millions d’euros par an, réfléchit à l’éventualité de moyens additionnels, ce qui impliquerait des arbitrages en interne.

« Je joue mon rôle à plein »

Si elle est conforme au personnage, cette détermination de Yann Caillère, qui supervisera en direct les patrons de marque en Europe, des autres zones dans le monde et la chaîne de luxe Sofitel, intervient à l’heure où la plus grande incertitude règne quant au remplacement définitif de Denis Hennequin. « Si certains se posent des questions, ce n’est pas mon cas. Le conseil d’administration m’a donné une mission. Je suis directeur général à plein et je joue mon rôle à plein », martèle-t-il, interrogé par « Les Echos ».

Yann Caillère admet par ailleurs que la nouvelle organisation par marques en Europe va conduire à des changements dans la direction des pays. Ce projet, à caler d’ici à la fin juillet, « concerne toute l’Europe ». Après la suppression de 172 postes en CDI aux sièges du groupe et de l’entité Accor France, il est question, selon nos informations, de rattacher l’Autriche à l’Allemagne, la Belgique aux Pays-Bas, le Portugal à l’Espagne.

Christophe PALIERSE, Les Echos, 24/05/2013

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