Les secteurs

Hôtellerie : Accor accélère enfin son développement en Inde

10.04.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Le groupe français compte aujourd’hui 15 hôtels en Inde et veut porter leur nombre à 90 en 2015. Au passage, il va devoir clarifier sa stratégie de marques dans l’hôtellerie économique.

L’accélération après le surplace : l’évolution nouvelle d’Accor en Inde pourrait se prêter à cette comparaison tirée tout droit du cyclisme que pratique régulièrement son PDG, Denis Hennequin. Le groupe hôtelier a en effet, enfin peut-on ajouter, changé de braquet dans ce pays-continent avec l’inauguration ce jeudi à Bengalore d’un complexe combinant ses enseignes économiques Ibis et haut de gamme Novotel, et ce après les très récentes ouvertures d’un établissement de luxe Sofitel à Mumbai et d’un hôtel économique Formule 1 dans la région de New Delhi l’un et l’autre les premiers en Inde.

De même, le groupe français, numéro deux européen et cinq mondial de l’hôtellerie (classement 2011 de MKG Hospitality selon la taille du parc), prévoit d’y ouvrir 11 unités cette année, alors qu’il en compte 15 aujourd’hui, représentant un peu plus de 3.000 chambres. Outre Sofitel et Formule 1, il profite également de l’année pour installer une autre marque supplémentaire en Inde, cette fois-ci pour l’hôtellerie d’affaires haut de gamme, avec Pullman.


Une bonne trajectoire

Accor a par ailleurs, à ce stade, 58 projets « signés » et à réaliser, soit quelque 11.600 chambres, et vise ouvertement le nombre de 90 hôtels - 20.000 chambres - en exploitation ou en construction en 2015. Sont notamment programmés dans ce cadre-là deux autres Sofitel à Mumbai, dont une « boutique-hôtel » So, indique le directeur général de la chaîne, Robert Gaymer Jones, qui a aussi bon espoir de boucler « d’ici à un an » deux autres dossiers, l’un à Goa, l’autre à New Delhi.


« Le groupe français, qui a déjà investi 223 millions de dollars dans son développement en Inde - hôtels réalisés ou en cours de construction et projets acquis - compte ainsi devenir le premier opérateur étranger en Inde en 2015. ». Il lui faudrait en réalité plus que 90 hôtels à cette date pour doubler l’américain Carlson qui, de son côté, met également les bouchées doubles (lire ci-dessous).

Pour autant, Accor a désormais la bonne trajectoire pour combler son retard par rapport à ses positions acquises sur d’autres marchés d’Asie-Pacifique : il dispose notamment de plus de 120 hôtels en Chine, de 46 en Indonésie et de 44 en Thaïlande, sans parler des 167 établissements en Australie, l’une de ses places fortes de la zone.

Pour sa direction, cette course de lenteur en Inde s’explique par sa bureaucratie, qui freine l’accroissement des capacités hôtelières. « Ce n’est pas le fait d’Accor. Il y a une barrière à l’entrée. Elle est haute », constate, entre autres, Denis Hennequin. Le PDG d’Accor souligne aussi la nécessité d’être « flexible » pour adapter son offre.


Embarras autour de Formule 1

Mais la société a également joué de malchance car l’ambitieux plan de développement de Formule 1, lancé en novembre 2006, a tourné au faux départ : l’accord alors conclu avec Emaar pour réaliser une centaine d’unités a été emporté avec les difficultés financières du groupe immobilier de Dubaï. Et si Accor a désormais toute latitude pour le mener à bien, il n’en est pas moins fort embarrassé avec cette enseigne.


Décidée par Denis Hennequin, la stratégie de remise à plat de ses marques économiques autour d’Ibis lui pose en effet problème en Inde. Théoriquement, Formule 1 devrait être supprimé au profit de la nouvelle marque Ibis Budget. Mais Accor a un partenaire indien pour décliner localement Ibis, le conglomérat InterGlobe, ce dernier ayant même une exclusivité. « Il faut discuter avec nos partenaires », admet Denis Hennequin. Les discussions ont déjà commencé...


Christophe PALIERSE, Les Echos, 05/04/2012

Dernières actualités