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Hôtellerie : Accor a enterré l'hypothèse de la création d'une société foncière

03.09.2012, source : Les Echos.fr

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Le groupe hôtelier ne procédera pas à la séparation entre son métier d’opérateur hôtelier et son parc immobilier avec l’éventuelle création d’une société foncière, pour laquelle a milité Colony Capital.

Accor ne procédera pas, en tout cas pour quelques temps, à la séparation entre son métier d’opérateur hôtelier et son parc immobilier avec l’éventuelle création en interne d’une société foncière. Son PDG, Denis Hennequin, a en effet indiqué mercredi 29 août que cette scission, pour laquelle son actionnaire Colony Capital a milité activement au sein du conseil d’administration à la fin de l’année dernière, ne se « fera pas ». « On ne le fera pas », a-t-il ainsi déclaré dans la matinée au cours d’une conférence de presse qui suivait la présentation des résultats pour le premier semestre 2012, avant d’ajouter  : « ce serait contre-productif ». Le patron d’Accor a précisé que cette position était partagée par le conseil d’administration. « Le conseil d’administration soutient la position du management », a-t-il indiqué, alors qu’il était interrogé sur ce sujet.

Pour mémoire, l’éventualité d’une nouvelle scission d’Accor -après la mise en Bourse de son pôle Services en juillet 2010-avait suscité la vive inquiétude des syndicats au début de l’année. Denis Hennequin avait été interpellé sur cette question sensible en janvier dans le cadre d’un comité de groupe d’Accor France. « De toute façon, si on devait le faire, ce n’est plus le moment », avait-il alors observé devant les représentants du personnel.


Le choix du statu quo

Ce choix, éminemment stratégique, du statu quo, est officialisé alors que le groupe hôtelier engage une nouvelle inflexion de sa politique immobilière. Sa direction prévoit désormais qu’à horizon 2016 ses établissements en « filiales », y compris les hôtels sujets à des contrats de location avec un loyer variable, représentent 20 % de son parc, la franchise et les contrats de management ayant respectivement une part de 40 %, à comparer à 25 % et 31 % à la fin juin.

Au passage, Accor tire un trait sur la notion d’ « asset right », à savoir la mise en place d’un mode de détention des actifs hôteliers différencié selon les marchés et les catégories, qu’avait mise en oeuvre l’ancien PDG Gilles Pélisson, au profit de la seule notion traditionnelle et plus claire d’ « asset light ». « C’est la fin d’une ambiguïté », a d’ailleurs reconnu Denis Hennequin. Ce dernier a de surcroît souligné que le coût d’un hôtel exploité avec un contrat à un loyer variable est comparable à celui d’un établissement en pleine propriété ou à loyer fixe.

Cette inflexion de la politique immobilière d’Accor va par ailleurs s’accompagner de la mise en place, courant 2013, d’une direction du patrimoine qui « rassemblera tous les métiers liés à l’immobilier ».


Christophe PALIERSE, Les Echos, le 30/08/2012

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