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Haussmann-Opéra-Madeleine : le nouveau triangle d'or du commerce parisien

18.04.2013, source : Les Echos.fr

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De nouveaux magasins arrivent entre l’Opéra et la Madeleine. A l’instar du Printemps et des Galeries Lafayette, l’offre va vers le luxe.

II y a des signes qui ne trompent pas. Le « megastore » Bucherer, consacré aux marques horlogères de luxe, qui vient de s’implanter boulevard des Capucines, à Paris, ouvrira les jeudi jusqu’à 21 heures. Le jeudi, jour de nocturne des grands magasins du boulevard Haussmann voisin. De son côté, le Comité Haussmann, qui regroupe les plus grandes enseignes de l’artère où se côtoient le Printemps et les Galeries Lafayette, a fait adhérer Uniqlo, l’enseigne de vêtements japonaise installée légèrement en retrait du boulevard, et songe à faire de même pour l’Apple Store situé dans la rue qui longe l’Opéra Garnier. Le comité comptait déjà parmi ses membres le passage du Havre, galerie marchande qui relie l’arrière du Printemps à la gare Saint-Lazare.

A l’évidence, la première zone commerciale d’Europe à ciel ouvert, avec ses deux grands magasins historiques - 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés - mais aussi sa panoplie complète d’enseignes internationales, et arpentée par 43 millions de visiteurs par an, fait tache d’huile. Avec l’ouverture prochaine d’un nouveau C&A dans l’immeuble des Trois Quartiers, boulevard de la Madeleine, et les « halles » alimentaires de luxe par Carrefour entre Hédiard et Fauchon, l’extension s’effectuera aussi en direction de la place de la Madeleine.

Cette évolution va de pair avec une autre : la montée en gamme vers le luxe. Sous la houlette de Borletti Group, le Printemps a adopté ce positionnement. Les Galeries Lafayette s’embellissent aussi avec la réfection de leur espace hommes et l’accueil d’ici à 24 mois, dans le Lafayette Maison, à côté de l’offre maison et décoration, du Lafayette Gourmet et d’une Bordeauthèque déjà annoncée comme « mythique ».

Montée en gamme

Symboles de ces rénovations : les « shops in the shop » des griffes de luxe s’élèvent désormais sur deux niveaux dans les grands magasins. « Avant, le luxe était cantonné au rez-de-chaussée, aujourd’hui, il investit le premier étage », résume un expert. Une offre destinée en priorité aux 12 millions de touristes étrangers qui fréquentent annuellement le boulevard Haussmann.

Reste à savoir si cette montée en gamme satisfera les 450.000 Franciliens qui débarquent dans le quartier depuis la gare Saint-Lazare (plus ceux qui arrivent au RER Auber). Aux Galeries, on défend une approche combinée : le luxe, oui, mais aussi la mode à prix « accessibles ». Les voyageurs de Saint-Lazare bénéficient, il est vrai, depuis un an des 80 boutiques d’un nouveau centre commercial dans la gare. L’arrivée annoncée d’Eric Frechon, le chef étoilé du Bristol, donnera aussi à cet ensemble grand public un avant-goût de luxe.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 16/04/2013

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