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Hard-discount : la LME a permis de doubler les surfaces commerciales

31.08.2009, source : Les Echos.fr

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La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a fêté hier le premier anniversaire de la loi de modernisation de l'économie (LME). En raison de la crise, l'impact de ce texte sur le pouvoir d'achat des Français est difficilement mesurable.

Elle était censée « soulager le porte-monnaie des Français » d'environ 1.000 euros par an, permettre la création de 50.000 emplois et générer 0,3 point de croissance. La loi de modernisation de l'économie (LME) fête son premier anniversaire mais le gouvernement a du mal à en établir le bilan. En partie parce que la crise mondiale a brouillé les cartes. Et si des effets positifs ont pu se faire sentir au cours des derniers mois, peu d'indicateurs permettent d'en attribuer directement la paternité à un texte annoncé, à l'origine, comme l'une des principales réformes économiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Christine Lagarde a voulu marquer le coup, hier, avant de partir en vacances, mais elle s'est aussi montrée très prudente. « Il est clair qu'une loi promulguée un mois et demi avant le déclenchement de la crise n'a pas pu produire les effets escomptés, a-t-elle déclaré. Tout a été bouleversé et l'on n'est pas en mesure d'en chiffrer l'impact macroéconomique, en raison du choc que l'on est en train de vivre. »


Délais de paiement

Des 173 mesures instaurées par la LME, les plus marquantes visaient à faire baisser les prix, grâce à l'instauration d'une libre-négociabilité entre fournisseurs et distributeurs. Preuve que l'eau a coulé sous les ponts, Christine Lagarde a préféré mettre en avant le succès du régime fiscal de l'autoentrepreneur (182.000 inscriptions à ce jour), un dispositif pourtant peu mis en avant l'année dernière. La ministre a également insisté sur la réduction des délais de paiement entre entreprises. Si le règlement des factures ne prend plus aujourd'hui, selon Bercy, que 57 jours en moyenne au lieu de 67, 39 professions ont été autorisées à déroger à la loi pendant deux ans. Pour ce qui est des prix, une seule donnée est avancée à ce stade : ceux des produits de grande consommation seraient « en baisse régulière, de 0,65 %, depuis décembre ».Bercy se réfère à l'Insee pour citer en exemple les yaourts natures, dont le paquet de quatre vaudrait aujourd'hui 66 centimes d'euros en moyenne contre 74 il y a un an, la bouteille d'huile d'olive vierge extra, dont le prix serait descendu de 6,05 euros à 5,84 euros, ou le petit pot de légumes et viande pour bébé, qui aurait perdu 1 centime, à 1,03 euro. « On a réussi à extirper de la réglementation française son caractère inflationniste »,avance Christine Lagarde.


Sérieux coup de frein

Les associations de consommateurs sont dubitatives, pour ne pas dire en désaccord avec ces observations, mettant notamment en avant le fait que le coût des matières premières a largement reflué sur la période récente, indépendamment de la LME. De son côté, l'Insee indiquait il y a deux semaines que les prix des produits de grande consommation étaient en progression, fin juin, de 0,5 % sur un an. Un sérieux coup de frein si l'on se souvient que les prix étaient en hausse de 5,3 % un an plus tôt, mais pas encore une baisse.

Il n'en reste pas moins que la LME peut être créditée de quelques succès. Grâce à elle, les périodes de soldes se sont multipliées dans plus de la moitié des grandes enseignes, de nouveaux magasins ont pu ouvrir dans quatre des dix villes les plus chères de France et ainsi « animer la concurrence »,le hard-discount a doublé ses projets de surfaces commerciales alimentaires et le tarif des numéros de téléphone surtaxés a été divisé par dix.

Guillaume Delacroix

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