Hard-discount : Aldi durcit son offensive au Royaume-Uni

23.11.2014, source : Les Echos.fr

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Le discounter allemand va doubler son réseau outre-Manche d’ici à 2022. Il promet 35.000 créations d’emplois.

Une pareille scène est probablement inimaginable en France. Lundi, le Premier ministre britannique, accompagné du ministre des Finances, s’est déplacé au siège anglais du hard-discounter allemand Aldi, qui annonçait l’ouverture de 550 magasins outre-Manche. Quand on sait à quel point les grands distributeurs britanniques souffrent de la concurrence d’Aldi et de Lidl, c’est une preuve supplémentaire du libéralisme économique du gouvernement conservateur de David Cameron.

Implantés au Royaume-Uni depuis les années 1990, les discounters ont fait une percée tardive sur le marché britannique. Elle n’en est que plus douloureuse pour les champions nationaux des supermarchés, les « big four », qui jouissaient jusqu’à présent d’un confortable oligopole. Tesco, Asda, Sainsbury’s et Morrisons contrôlent encore les trois quarts du commerce de détail alimentaire, mais ils perdent du terrain face aux rois des prix bas, Aldi et Lidl. Tesco, surtout, est à la peine. Le leader britannique, numéro trois mondial derrière Walmart et Carrefour, a vu sa part de marché passer de 30,1 à 28,8 % en un an. Il a perdu plus de la moitié de sa valeur en Bourse.

Et ce n’est probablement pas fini. Les discounters allemands s’octroient seulement 8 % du marché aujourd’hui, ce qui leur laisse une grande marge de progression, comme le montre l’annonce d’Aldi. Le groupe va doubler son réseau de magasins outre-Manche d’ici à 2022, un investissement de 600 millions de livres (760 millions d’euros) qui créera 35.000 emplois. David Cameron a salué « de nouvelles opportunités pour les jeunes qui cherchent à se lancer ».

Vincent COLLEN, Les Echos, le 12/11/2014
 

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