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Habillement : les démarques ne sauveront pas le marché

12.01.2013, source : Les Echos.fr

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Les professionnels de la mode se sont fait une raison : les soldes ne sauveront pas une année 2012, où les achats sont en recul.

Dans l’habillement, les professionnels ne se font guère d’illusion sur ces soldes d’hiver. Les mauvais chiffres de 2012 ne seront pas gommés par ce traditionnel rendez-vous de début d’année. « L’an dernier n’a pas été bon pour le secteur. Les soldes ne vont rien changer », estime Jean-Pierre Mocho, le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin. « Les Français disposent d’épargne. Reste à savoir s’ils vont rester prudents ou s’ils vont se faire plaisir », ajoute-t-il. Selon les estimations de l’Institut français de la mode (IFM). une nouvelle fois, la consommation de textile et de mode devrait reculer sur le marché français. L’IFM table sur une baisse des ventes de 2,2 % en 2012. Et aucune reprise n’est attendue cette année.

De plus, la pluie de promotions proposées avant Noël pour doper les ventes dans de nombreuses enseignes devrait aussi peser. Sans parler d’une météo pas encore très favorable à l’achat de manteaux et autres bottes fourrées. « Ces soldes s’annoncent comme une cuvée moyenne, compte tenu du contexte économique, souligne Jean-Marc Génis, de la Fédération des enseignes de l’habillement. La consommation est atone depuis plusieurs mois, et cela concerne de nombreux secteurs ».

Leur pouvoir d’achat étant sous pression, les Français ont encore coupé dans leurs dépenses vestimentaires. Mais avec une crise qui s’est installée dans la durée pour l’habillement, les enseignes ont anticipé. Elles sont restées prudentes dans leurs commandes. « Les stocks sont peu élevés. et encore en retrait sur 2011 », précise Jean-Marc Génis. Il estime que « les ventes de ses adhérents devraient enregistrer une baisse de l’ordre de 2 % à 3 % sur 2012 ».

Prix cassés sur Internet

Le dispositif des soldes flottants perturbe aussi, selon les professionnels, les soldes traditionnels. « Les consommateurs n’ont plus aucun repère, note Jean-Pierre Mocho. Les soldes doivent rester une fête. » Reste que depuis la crise, les Français sont en permanence à la recherche de la bonne affaire. Près d’un sur trois, selon l’IFM, indique ne plus acheter ses vêtements qu’à prix dégriffés. La part des soldes et des promotions pèse près d’un tiers du marché. Et Internet ne cesse de progresser, avec des prix cassés toute l’année : sa part atteint désormais 9 % dans la distribution d’habillement.

Dominique CHAPUIS, Les Echos, 09/01/2013

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