Groupe Go Sport creuse ses pertes

28.07.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

Le numéro trois français des chaînes spécialisées dans le sport, Go Sport, a vu ses ventes reculer de 1,8 % au premier semestre. La tendance s’est néanmoins inversée au deuxième trimestre.

C’est l’un des mystères de la distribution française : comment Jean-Charles Naouri, qui chez Casino a fait toute la preuve de son talent, peut-il rester à ce point impuissant face aux déboires de Go Sport, l’autre actif de son holding Rallye ? Au premier semestre 2014, le numéro trois français de la distribution spécialisée d’articles de sport, a une nouvelle fois, publié des chiffres décevant.

Les ventes ont reculé de 1,8 %  par rapport à la même période un an plus tôt (dans la tendance à la baisse du chiffre d’affaires depuis au moins 2009), tandis que les pertes se sont creusées, avec un résultat opérationnel courant (RoC) à - 17,8 millions d’euros, contre - 16,5 millions sur les six premiers mois de 2013. C’est d’ores et déjà davantage que le total des pertes au niveau du RoC l’an dernier, à - 17,7 millions, tandis le groupe n’a pas connu de RoC positif depuis 2009. Chez Go Sport France, le groupe souligne que « la mise en place des plans d’actions de retour aux fondamentaux du commerce, notamment l’accélération de la dynamique promotionnelle, ont permis une amélioration de la tendance des ventes en comparable au deuxième trimestre, à + 5,3 % (contre - 8,8 % au premier trimestre 2014) ».

5 présidents en 12 ans

Cela n’aura pas suffi à convaincre les marchés. Dans le faible volume qui caractérise à la Bourse de Paris la vie du titre, dont les actions sont détenues à 93,72 % par Rallye, le cours a cédé plus de 7 % en séance pour terminer à près de 4 euros. Cela reste mieux que le niveau le plus bas du cours à 2,55 euros en octobre 2013, mais désespérément très loin des… 60 euros de mai 2006. La capitalisation boursière du groupe reste inférieure à 50 millions d’euros, quand Go Sport, trouvé par Rallye dans la corbeille de la mariée à la suite du rachat de Genty-Cathiard, en 1990, réalisait deux ans plus tard un chiffre d’affaires proche de 200 millions d’euros. Sont-ce des magasins mal placés, une offre inadaptée, des équipes mal formées ou démotivées ? Toujours est-il que rien n’y fait, malgré la valse des dirigeants (pas moins de cinq présidents en douze ans, sans compter les directeurs généraux) et des partenariats de prestige, comme avec le Paris Saint-Germain signé en juillet 2012, l’enseigne reste désespérément à la traîne du champion du secteur Decathlon et de son challenger international Intersport. Jusqu’à quand ?

Antoine BOUDET, Les Echos, le 24/07/2014

 

Dernières actualités