Grande distribution : Tesco change de patron pour rebondir

24.07.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

A la tête de Tesco, Philip Clarke est remplacé par David Lewis, l’homme qui a lancé les savons Dove chez Unilever.

Jusqu’alors fière de sa politique de promotion interne, la chaîne de supermarchés Tesco a dû faire un écart, tant la situation est grave. Contraint de lancer, le 21 juillet, un nouvel avertissement sur ses résultats, après une longue série de déceptions sur son marché national, le groupe britannique a, en effet, nommé à sa tête David Lewis. L’homme qui a lancé les savons Dove chez Unilever, en 1992, était devenu le patron de la division produits de soin de ce groupe anglo-hollandais en 2011. Il remplacera Philip Clarke qui ne pouvait plus résister à l’impatience de ses actionnaires et s’était fait quelques ennemis en interne, en remplaçant des hommes mis en place par son prédécesseur, l’emblématique sir Terry Leahy. Son départ sera acté en octobre.

Contraction de la marge opérationnelle

 Avec aussi un nouveau directeur financier - Alan Stewart, qui occupait ce poste chez Marks & Spencer, est arrivé il y a dix jours -, toute la question est de savoir comment Tesco peut résister à la déferlante des discounters allemands Aldi et Lidl outre-Manche. Pour beaucoup d’analystes, le moment est venu pour la chaîne britannique de « reprendre le leadership en termes de prix » au Royaume-Uni, qui représente les deux tiers de ses ventes et de ses profits. « Cela passera certainement par une contraction de la marge opérationnelle de 100 points de base, mais c’est inévitable », explique un analyste, en précisant que « 100 points de base au Royaume-Uni représente 220 millions de livres ».

Pour les spécialistes du secteur, l’histoire récente de Carrefour offre des parallèles instructifs pour Tesco. Ce n’est que depuis que le groupe français s’est montré plus agressif sur les prix qu’il a résisté sur son marché national aux distributeurs indépendants comme Leclerc, qui ont joué, dans l’Hexagone, le rôle des Aldi et Lidl en Angleterre. Comme Tesco, Carrefour a perdu du terrain à l’étranger dès que ses performances en France ont déçu. Si, aujourd’hui, le groupe français est « en plein redressement », note un analyste, la nomination de David Lewis peut aussi sonner comme une mise en garde pour Tesco. Carrefour avait nommé Lars Olofsson, également dirigeant d’un groupe de biens de consommation puisqu’il était numéro deux de Nestlé. Or, son approche avait été jugée « trop marketing » et les actionnaires avaient fini par demander un « vrai distributeur » .

Nicolas MADELAINE, Les Echos, le 22/07/2014

 

Dernières actualités