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Grande distribution : Leclerc prêt à baisser sa marge pour contenir la hausse des prix

11.02.2011, source : Les Echos.fr

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Avec une hausse de 4,3 % de ses ventes à parc constant en 2010, le mouvement Leclerc fait mieux que le marché. Grâce à une politique de prix bas que ses dirigeants entendent maintenir, quitte à rogner sur la marge nette.


« 2011 sera l'année de tous les dangers. » En présentant mardi les résultats du groupement d'indépendants qu'il préside, Michel-Edouard Leclerc n'a pas caché que, selon lui, l'année qui débute sera plus difficile pour les distributeurs implantés en France que l'année qui vient de s'achever. « Selon les prévisions établies par Nielsen, il risque d'y avoir une inflation globale des produits alimentaires de 3 % à 4 % au second semestre 2011, ce qui pourrait donner une inflation annuelle de plus de 3 % », explique le président de l'ACDLec. Et d'ajouter que, selon les données du Bipe, « le pouvoir d'achat des Français va baisser de 0,6 % cette année », en raison de la pression sur les salaires, de la chasse aux niches fiscales comme de la hausse des dépenses contraintes.


C'est pour anticiper cette évolution qui pèsera sur la consommation que les dirigeants de Leclerc entendent « limiter la hausse des prix à 2 % » dans leurs magasins, en dépit des demandes des industriels ( « 6 % à 7 % ») qui veulent répercuter la flambée des matières premières. Pour ce faire, ils ne se font pas seulement forts d'obtenir des tarifs écrasés de leurs fournisseurs. « Nos adhérents ont décidé d'investir 0,2 à 0,25 point sur leur marge nette, qui n'est que de 1,2 %, dans les prix », annonce Michel-Edouard Leclerc.


Pour ce dernier, comme pour Jean-Claude Pénicaud, responsable de la politique commerciale au Galec, la centrale d'achat Leclerc, il s'agit de faire perdurer une politique de prix bas qui a encore porté ses fruits en 2010. L'écart moyen avec le premier concurrent est de 5 %. L'an passé, le réseau a réalisé 37,5 milliards de chiffre d'affaires, dont 31 milliards hors carburants, en hausse de 5,4 %, et 28,6 milliards en France (hors carburants), en progression de 4,3 %  « à parc constant ».


Selon le panéliste Kantar, cité par Leclerc, au 26 décembre 2010 et sur 12 mois glissant, Leclerc affichait - tous formats confondus - un gain de 0,5 point de part de marché, à 17,4 %. Derrière, seuls Auchan (+ 0,3 point, à 9,3 % ) réalise une performance comparable. Système U, Lidl, Monoprix et Netto progressent, eux, de 0,1 point (à respectivement 9,2 %, 4,6 % et 0,9 % de parts de marché). Intermarché est stable (à 11,7 % ) comme Aldi et Casino. Toutes les autres enseignes sont en baisse, selon les informations données par Leclerc, et notamment les hypermarchés Carrefour (- 0,4 point, à 12,5 % ) et Carrefour Market (- 0,1 point, à 7,7 % ).


Le non-alimentaire en difficulté

Bien que tous les clignotants présentés par Leclerc soient au vert, l'enseigne n'est toutefois pas épargnée par la difficulté des grands hypermarchés à soutenir la vente de leurs produits non alimentaires. En 2010, les ventes de ces rayons n'ont progressé que de 2,4 %. Par ailleurs, les magasins de plus de 6.500 m² ont connu une hausse de leur chiffre d'affaires limitée à 1,3 % par rapport à 2009, contre 5 % pour les petits hypers de 2.500 m² à 4.000 m². Dans le même temps, les magasins spécialisés du groupement ont vu leurs ventes croître de 7,9 %.


« Nous n'envisageons pas de vendre notre immobilier ni nos galeries marchandes », affirme Michel-Edouard Leclerc, expliquant, en visant explicitement Carrefour, que cette maîtrise des locaux commerciaux permettait d'organiser l'autoconcurrence de ses hypers par des concepts spécialisés.


PHILIPPE BERTRAND, Les Echos, 09.02.2011

Contrats : le recours est déposé
C'est lundi 7 février que Leclerc a déposé officiellement devant le Conseil d'Etat le recours annoncé contre l'avis du 7 décembre de l'Autorité de la concurrence sur les contrats d'affiliation des magasins indépendants. Le principal argument de Leclerc consiste à dire que l'Autorité « n'a pas le pouvoir d'adresser des recommandations aux opérateurs économiques », ni le « pouvoir de régulation ».

 

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