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Gouvernance : Paul Mir pro de la distribution chez Monceau Fleurs

23.10.2011, source : Les Echos.fr

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Rendez-vous est fixé entre les étals de bonsaïs et d’orchidées de la boutique historique, à l’angle des boulevards Malesherbes et de Courcelles, là où tout commence en 1965. Paul Mir entre, serre rapidement les mains des équipes chaussées à cette heure matinale de bottes en plastique. Tous ne l’identifient pas encore. Le PDG, Laurent Amar, petit-fils du fondateur, a profondément marqué l’enseigne ; aux commandes de Monceau Fleurs ces dix dernières années, il fit, bébé, ses... premiers pas dans ce magasin tenu par ses parents. Toujours actionnaire majoritaire de la maison, qui englobe aussi Happy et Rapid’Flore, il a d’ailleurs choisi personnellement son bras droit.

Instinctivement, il a opté pour un profil identique au sien. Paul Mir, cinquante et un ans, n’est pas le petit-fils d’horticulteur du Piémont, mais d’un grossiste en fruits et légumes catalan. Elevés dans les arrière-cours des entreprises familiales, l’un et l’autre sont témoins, jeunes, des contraintes de l’ultrafrais et se savent voués au commerce de détail. Tout juste bachelier, Paul Mir se jette dans le bain chez Promodès (Continent, Champion, Dia...), une « success story » de sa Normandie natale, des grossistes issus de l’épicerie. Sous la houlette de Paul-Louis Halley, il grimpe les échelons en France, puis à Taiwan et en Grèce où il lui incombe de fédérer des concurrents, jusque-là farouchement ennemis. Son baptême du feu ! Devenu quelques années plus tard directeur achat alimentaire, il se rend avec gourmandise chez ses fournisseurs, avide de savoir. Il arpente en Equateur les fermes florales, visite entre autres exploitations celles de coeurs de palmier dans la forêt amazonienne, quitte à endurer quelques frayeurs comme un voyage de nuit sur un fleuve désert...


Conseil en stratégie

En dépit de leurs vingt ans de collaboration, Paul-Louis Halley ne parvient pas à le retenir près de lui, en 2001, après la fusion avec Carrefour. Sa recrue a entrepris de se former à l’Essec et de tirer un premier bilan de son parcours qui lui fait accepter un énorme boulot : monter la première centrale d’achats multienseigne de PPR pour les produits blancs, bruns, gris et consommables. Parti de zéro, son projet est présenté lors du séminaire groupe, présidé par Serge Weinberg, devant un parterre d’énarques et de centraliens, tous patrons d’enseigne que le novice de la maison apprend au fil des semaines à ne plus redouter.

Dix ans plus tard, il adopte la même méthodologie : après un mandat physiquement exténuant à la direction commerciale monde de Kingfisher à Londres, il s’octroie à Paris trois mois de réflexion pour faire le point et s’occuper de sa fille à défaut d’avoir vu son fils aîné grandir. De cette pause naît en 2009 sa propre antenne de conseil en stratégie dans le « retail » alimentaire et non alimentaire, TTMD, pour Time to Market Development, dont la notoriété vient aux oreilles d’un certain Laurent Amar...

Une seule fois, cet incorrigible bavard ne décidera pas de son sort. Chargé en 2004 par Denis Olivennes de la réorganisation des forces de ventes de la FNAC, il est gentiment remercié, deux ans plus tard, lors d’un remaniement. Une mauvaise passe évoquée sans détour : concret, direct, transparent, cet homme abordable ne s’encombre pas de formules toutes faites. Il confesse ainsi dépenser sans compter pour les beaux meubles, sans distinction d’époque, ni de style, au point d’entreposer dans un garde-meubles ses innombrables coups de coeur, n’osant infliger à sa seconde épouse d’indigestes mélanges de styles.


Marie-Sophie RAMSPACHER, Les Echos, 20/10/2011

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