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Go Sport de nouveau dans la spirale des pertes

27.02.2012, source : Les Echos.fr

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Go Sport reste l'homme malade de la distribution spécialisée française et de la galaxie Casino. Le troisième distributeur d'articles de sport de l'Hexagone, derrière Décathlon et Intersport, s'est replacé sur la pente des pertes et devra s'appuyer sur ses actionnaires pour limiter son endettement et financer sa relance.

Go Sport reste l’homme malade de la distribution spécialisée française et de la galaxie Casino. Le troisième distributeur d’articles de sport de l’Hexagone, derrière Décathlon et Intersport, s’est replacé sur la pente des pertes et devra s’appuyer sur ses actionnaires pour limiter son endettement et financer sa relance.

En 2011, Go Sport a été incapable de vendre des maillots de bain en été et des skis en hiver... Le fiasco de ces ventes saisonnières, généralement porteuses de marge, a cruellement pesé sur les comptes. François Neukirch, le directeur général, l’attribue au dérèglement climatique. Soit. Mais cela révèle la grande fragilité du modèle. Les résultats publiés hier font état d’une baisse de 0,4 % du chiffre d’affaires, à 680,4 millions d’euros. Mais à surface comparable, les 24 magasins polonais et les 120 français (Go Sport France pèse 67 % de l’activité totale du groupe) ont vu leurs ventes baisser respectivement de 3,1 % et 1,7 %.


Augmentation de capital

La marge commerciale a diminué de 0,5 point à 41 % et le résultat opérationnel courant qui était peu ou prou équilibré depuis deux ans a replongé dans le rouge à -12 millions d’euros. Conséquence : une perte nette de 20 millions et un endettement net qui se creuse de 50 millions pour atteindre les 86 millions d’euros. Compte tenu de l’équation financière serrée du Groupe Go Sport, le conseil d’administration a décidé une augmentation de 30 millions d’euros garantie par l’actionnaire majoritaire, le holding Rallye, qui contrôle par ailleurs Casino. 30 millions, soit l’équivalent de la capitalisation de l’entreprise qui était de 31,3 millions, hier, après une chute du titre de 8 %  !

Seule bonne nouvelle, la progression de 8,9 % du chiffre d’affaires à surface comparable de l’autre enseigne du groupe, le spécialiste des chaussures Courir (174 points de vente), après déjà une excellente performance en 2010.

Pour François Neukirch, l’augmentation de capital servira à la fois au désendettement et au financement du déploiement du nouveau concept de Go Sport qui fait la part belle aux marques. « 2011 a été une année paradoxale, soutient le directeur général. Notre repositionnement, qui rompt avec les codes de l’hypermarché, a été un succès sur les rayons permanents ».

Mais la question reste posée : le réseau qui se trouve dans une situation fragile depuis tant d’années aura-t-il vraiment les moyens nécessaires à l’achèvement de sa relance dans un contexte de crise où l’on voit depuis septembre dernier les consommateurs effectuer des arbitrages sur les produits textiles et non-alimentaires ?

Philippe BERTRAND, Les Echos, 23/02/2012

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