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G. Plassat (Carrefour) : « L'hypermarché est devenu un grand magasin de proximité »

14.06.2013, source : Les Echos.fr

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Georges Plassat, le patron du groupe Carrefour, inventeur de l’hypermarché, explique en exclusivité aux « Echos » pourquoi le déclin - relatif - des hypermarchés n’est pas inéluctable.

Quels sont les grandes évolutions entre l’hypermarché de Sainte-Geneviève-des-Bois de 1963 et celui d’aujourd’hui ?

Le 15 juin 1963, Carrefour a donné naissance à Sainte-Geneviève-des-Bois à une nouvelle forme de commerce : le « tout sous le même toit ». Pour la première fois, les Français découvraient dans un lieu unique, équipé d’un parking et d’une pompe à essence, un large assortiment de produits alimentaires et non alimentaires avec des prix bas. Le succès a été immédiat et Carrefour a implanté le modèle très vite ailleurs : dès 1973 en Espagne, puis au Brésil en 1975 et en Chine, où Carrefour installe le premier hypermarché en 1996. Depuis cette première inauguration à Sainte-Geneviève-des- Bois, les fondamentaux restent les mêmes mais s’adaptent localement, en fonction de l’époque, des territoires, des habitudes de consommation. L’hypermarché d’aujourd’hui propose ainsi plus de produits locaux, plus de produits frais, avec une professionnalisation accrue ou encore plus de services avec, par exemple, le développement des drives, qui permettent aux clients de commander leurs produits alimentaires les plus lourds et de passer à l’hyper avant pour acheter le complément très sereinement. L’hypermarché est devenu un grand magasin de proximité.


Que peut-on faire pour que l’hypermarché ait un avenir ?

Quel que soit son format, un magasin peut s’adapter rapidement s’il garde le contact avec les clients. L’hyper est en évolution. Il doit défendre sa fonction de généraliste et approfondir l’offre par ensembles, tout en restant très exigeant sur la qualité et les prix bas. Sur les produits frais par exemple, lorsqu’on propose des produits de qualité, une offre large, qu’on suit les saisons avec un personnel qui connaît ses produits, le plaisir d’acheter revient. C’est pareil sur le textile, le bazar ou le bricolage. Nous devons répondre à des unités de besoin identifiées, qui ne seront pas nécessairement aussi complètes que celles des spécialistes mais qui vont répondre à des besoins avérés. Et au-delà de l’offre, remettons de la convivialité et de la joie ! Les clients aiment qu’on leur parle, qu’on les aide, qu’on les conseille, qu’on leur propose de nouveaux services, en jouant notamment la complémentarité avec le e-commerce… en plus des bons prix.


L’attrait d’un hyper réside-t-il toujours dans un bon mix offre/prix ?

Le prix est incontournable ! Si vous ne donnez pas la sensation d’avoir du prix ou que vous variez sans arrêt dans la politique tarifaire, vous faites partir les clients à la concurrence. Nous sommes de nouveau dans la course, comme le montrent nos relevés de prix en magasin. Notre image prix s’est beaucoup améliorée et nous allons poursuivre dans cette voie. Mais il y a un « plus » au prix, une évidence pour nos clients, c’est la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de son environnement, sa contribution à la société. J’ai une totale confiance en tous nos collaborateurs pour faire la différence dans nos hypermarchés… et dans nos autres formats.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 13/06/2013.

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