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Franchise maroquinerie : Texier lance ses propres boutiques

11.11.2011, source : Les Echos.fr

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Après Paris, la société bretonne va inaugurer deux nouvelles boutiques à Strasbourg et à Lille. En développant son propre réseau, le maroquinier veut assurer la croissance des ventes en continuant de fabriquer en France.

Le maroquinier Texier a décidé d’ouvrir ses propres boutiques pour accélérer sa croissance. Après l’inauguration en juin d’un magasin boulevard Saint-Germain, à Paris, l’entreprise bretonne va ouvrir deux enseignes d’ici à la fin de l’année à Strasbourg et à Lille. Avant Toulouse, au début de 2012. D’ici à cinq ans, le maroquinier mise sur une cinquantaine de points de vente en France. Une quinzaine en propre, le reste en franchise.

Ce pari ambitieux représente un véritable tournant pour l’entreprise, qui fête cette année ses soixante ans. Excepté deux boutiques à son nom, ses collections de sacs et bagages étaient jusqu’ici vendues chez des spécialistes multimarques, soit quelque 600 revendeurs en France. Mais Texier avait de plus en plus de mal à défendre sa place sur ce marché très concurrentiel, où le nombre de griffes s’est multiplié. Avec des modèles allant de 125 à 450 euros, la marque était jugée trop chère. « Nous risquions de perdre des parts de marché parce que nous produisons en France. Il fallait faire quelque chose. Une des solutions, c’est d’étoffer notre réseau commercial en ouvrant des magasins, pour développer notre notoriété et montrer aux consommatrices la qualité de nos produits  », souligne Jean-Luc Texier, fils du fondateur et directeur général de l’entreprise ; son frère Marcel étant PDG.

Le maroquinier, dont le capital est toujours familial, réalise 85 % de sa production dans l’Hexagone. De son unité de Vitré, qui emploie 300 personnes, sortent 1.500 pièces par jour, sacs, sacoches et petite maroquinerie. Texier travaille aussi avec un sous-traitant du sud de la France. Seule 15 % de la fabrication, des articles en Nylon garni de cuir vachette, pour hommes, vient de Chine. « Ces dernières années, nous nous sommes concentrés sur la qualité, en nous équipant d’outils très modernes comme la découpe au jet d’eau, mais nous avons délaissé l’aspect marketing  », reconnaît le directeur général.

Un retard que la société veut désormais combler. Ainsi a-t-elle étoffé en début d’année son bureau de style, qui compte aujourd’hui 12 personnes, « pour coller au plus près aux tendances  ». En plus de ses lignes classiques en cuir, Texier propose des modèles très colorés, en coton enduit, capables de séduire une clientèle plus jeune. Alors que la société était reconnue comme l’un des leaders des sacs pour hommes il y a quelques années, ce sont désormais les modèles pour femmes qui pèsent 60 % du chiffre d’affaires.

Ce dernier, après un recul lié à la crise, a stagné l’an dernier à 18 millions d’euros. « Nous misons sur une hausse de 5 % des ventes cette année, même si depuis cet été nous avons senti un frein dans les commandes  », indique Jean-Luc Texier. Le dirigeant ne communique pas le résultat d’exploitation, « qui a été décevant en 2010  », juge-t-il. Tous les projets de développement sont menés en autofinancement. Les boutiques vont nécessiter 1,5 million d’euros d’investissement.

Texier veut aussi accélérer à l’exportation, qui représente 17 % de son activité. La Russie figure parmi ses premiers marchés, devant l’Allemagne. Le maroquinier a décidé de miser en 2012 sur les Etats-Unis et le Japon, avant la Chine et l’Inde.


Dominique CHAPUIS, Les Echos, 09/11/2011

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