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Fleuriste : après Dalloyau, le fonds Perceva s'offre Monceau Fleurs

27.06.2013, source : Les Echos.fr

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« Dans les conditions actuelles, hors restructuration financière, le Groupe Monceau Fleurs est confronté à une situation de défaut imminent qui annihilerait l’investissement des actionnaires et la mise de fonds des obligataires. » Le communiqué publié hier conjointement par les actionnaires de référence de la célèbre chaîne de fleuristes et le fonds Perceva ne souffre aucune ambiguïté. Monceau Fleurs ne peut survivre sans une recapitalisation drastique.

Créée en 1965, l’entreprise cotée sur Alternext et leader français de la vente de fleurs et végétaux au détail, grâce à ses trois réseaux de franchises Monceau, Happy et Rapid’Flore (462 magasins au total) avait vu son cours suspendu fin avril et était entré aussitôt après en négociations exclusives avec Perceva. Hier, Perceva a annoncé avoir passé un accord avec les actionnaires de référence - dont Laurent Amar, le petit-fils du fondateur - qui détiennent 67 % du capital. Cet accord de restructuration financière prévoit une réduction de la valeur nominale des actions à 0,15 euro, une série d’augmentations de capital réservées à Perceva puis le lancement d’une offre publique d’achat simplifiée sur le capital flottant et les obligations convertibles. Pour résumer, il est proposé aux détenteurs d’obligation un rachat à hauteur de 25 % de leur valeur. De leur côté, les actionnaires de référence vont être considérablement dilués. Perceva détiendra environ 80 % du holding contrôlant Monceau. L’opération valorise l’entreprise 4,5 millions d’euros.

Le Groupe Monceau Fleurs a été introduit en Bourse en 2007 à 10,50 euros. Le dernier cours avant suspension était de 0,51 euro… Le site Investir. fr rappelait début juin que le résultat opérationnel courant, qui était redevenu légèrement positif en 2010-2011, avait de nouveau basculé dans le rouge en 2011-2012 à hauteur de 1,03 million d’euros. Les produits d’exploitation diminuaient dans le même temps de 17 %, à 51,3 millions d’euros, et la perte nette ressortissait à 2,5 millions.

De l’avis de la plupart des observateurs, l’entreprise a été mise en difficulté par une croissance trop rapide et, particulièrement, par le rachat de Rapid’Flore en 2008. Une acquisition qui a conduit à une procédure de sauvegarde homologuée par le tribunal de commerce de Paris mi-2012. Il s’agissait alors d’étaler sur dix ans la dette de 28 millions d’euros (à comparer à un chiffre d’affaires de 61,79 millions).

Perceva est, pour sa part, une société d’investissement spécialisée dans le « retournement ». Elle est récemment entrée, entre autres, chez Dalloyau.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 25/06/2013

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