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Fleur Pellerin (ministre déléguée chargée des PME) : « J'ai à coeur de réhabiliter l'esprit d'entreprise dont la droite n'a pas le monopole »

01.07.2012, source : Les Echos.fr

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Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, en entretien avec les Echos.

Le Salon Planète PME se tient dans un climat d’incertitude conjoncturelle et fiscale. Votre mission est-elle de sanctuariser leur situation financière ?

Nos engagements en matière de redressement des finances publiques nous conduisent à adopter des mesures exigeantes, dans une situation conjoncturelle dégradée. Mais nous avons toujours indiqué qu’une attention très particulière serait portée aux PME, qui sont les réserves d’emplois de demain. Toutes les mesures qui seront prises le seront dans un souci d’équité, et l’effort principal sera demandé aux plus grandes entreprises. Nous mettrons en place un « test PME », qui consistera à évaluer, en amont, l’impact sur les PME de toute mesure nouvelle proposée par le gouvernement. Nous l’avons déjà mis en oeuvre de manière informelle dans notre réflexion budgétaire, et il sera formalisé à l’automne dans un plan PME.


Quelles en seront les priorités ?

La priorité est de répondre aux difficultés de financement des PME, de l’amorçage au troisième tour de table et même au-delà. L’industrie française du capital-risque, insuffisamment rentable, est encore sous-dimensionnée. La Banque publique d’investissement sera un puissant levier d’action pour compléter l’offre de financements privés. La CGPME a aussi attiré notre attention sur les problèmes de trésorerie des entreprises, et notamment l’accès au crédit à court terme. Le plan PME s’efforcera d’aborder l’ensemble des questions concrètes liées au développement des entreprises, par exemple lorsqu’elles cherchent à s’internationaliser ou à réaliser des investissements lourds.


Il est prévu de rogner les allégements de charges. Jusqu’où les PME seront-elles épargnées ?

Je ferai tout, là aussi, pour protéger la compétitivité des PME. A ce jour, le seuil d’effectifs déclenchant la remise en cause des exonérations sociales pour les heures supplémentaires n’est pas arrêté.


Le taux réduit d’impôt sur les sociétés à 15 % sera-t-il accordé dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui ?

Je souhaite que cette mesure puisse être mise en oeuvre dès la loi de Finances 2013. Nous échangerons avec les représentants des entreprises pour trouver des positions consensuelles.


Les patrons cédant leur entreprise s’inquiètent de l’imposition à 75 %. Avez-vous trouvé une voie médiane ?

Le lissage de la plus-value de cession sur la durée de détention de l’entreprise me semble une piste pertinente. Mais ce sujet n’a pas encore été arbitré.


Faut-il une politique spécifique pour les entreprises de taille intermédiaire ?

Toutes les PME n’ont pas vocation à devenir des ETI. Notre mission est d’identifier celles qui en ont le potentiel, et d’accompagner leur croissance pour densifier notre tissu économique intermédiaire. Il faut créer pour les entreprises une dynamique comparable à celle de la « promotion sociale » et lutter pour cela contre le plafond de verre. Combien d’entreprises créées au cours des dix dernières années sont entrées au CAC 40 ou au SBF 120 ? Il faut que les ‘‘success story’’ comme celles de Vente Privée ou Iliad Free se multiplient dans les années à venir.

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