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Fitness : Club Med Gym incité à segmenter davantage son offre

20.03.2013, source : Les Echos.fr

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Les pros du fitness se retrouvent les 22, 23 et 24 mars à Paris, porte de Versailles pour le Form’Expo. La crise semble pousser à une fréquentation assidue des salles pour relâcher la pression.

Longtemps la France, et surtout Paris, a fait figure d’exception en matière de fitness. D’abord parce que, question pratique, les Français sont en queue de peloton. Au dire des professionnels, 5,4 % seulement des adultes auraient une activité régulière en salle contre une moyenne européenne de 7,9 %, qui est montée jusqu’à 24 % à Barcelone ! Ensuite parce que l’envolée de l’immobilier a eu tendance à figer les positions d’acteurs historiques tel Club Med Gym, propriété depuis 2008 du fonds d’investissement italien 21 Partners. La société a donc cherché la croissance ailleurs. En Suisse, où il a mis la main en 2011 sur les 25 salles du groupe Silhouette.

A Paris, avec 70.000 clients pour 22 salles gérées directement (dont celle bientôt inaugurée à Issy-les-Moulineaux), l’enseigne revendique le titre de premier opérateur intégré. Ses concurrents ? On les a comptés sur les doigts de la main : L’Usine, le Klay, le Ken, qui ont en commun un positionnement luxe. Mais le paysage change et Club Med Gym voit pointer de nouveaux entrants. Une offre low cost proposée par Neoness ou Fitness Park à moins de 20 euros l’abonnement mensuel (il est à 80 euros chez Club Med Gym). Sur le segment moyen-haut de gamme qui est le sien, d’autres arrivent aussi comme le groupe néerlandais Health City, animé de grosses ambitions. L’intégration du réseau Fitness First a en effet permis à ce dernier d’ouvrir une quinzaine de salles en quelques mois dans l’hexagone, dont cinq à Paris, avec même une vitrine sur les Champs-Elysées. Pour Club Med Gym, l’heure de la riposte a sonné.

Proposer une offre gym au bureau

Jusqu’à présent réservée aux grosses structures, sièges sociaux du CAC ou multinationales comme Coca-Cola, la salle de gym sur le lieu de travail fait des adeptes. Club Med Gym a déjà convaincu une trentaine de grands groupes, L’Oréal, Sanofi, Pernod Ricard… La formule gym au bureau séduit les salariés puisque, selon le patron de l’enseigne, Franck Gueguen, les installations sont utilisées par 12 % à 20 % du personnel. Il se tourne maintenant vers les plus petites entreprises. « Avec la crise, les patrons peuvent faire plaisir autrement qu’en accordant des augmentations », observe-t-il. Cet investissement - en espace et en machines - va souvent de pair avec la mise en place de services facilitateurs de vie : pressing, cordonnerie…


Développer des formats courts et intenses

Une heure, c’est trop long, aussi Club Med Gym met l’accent sur des modules de trente minutes avec des enchaînements intenses et fractionnés alternant les mouvements ( « squats », pompes, « kicks »…) Ces « grit series » se pratiquent par groupes de cinq à dix personnes - meilleur pour la motivation.

Dans le registre du « je me défoule » très en vogue par les temps qui courent, l’enseigne a introduit en France l’Adidas Boxing. Un réel succès, notamment auprès des femmes. Importée de LA et inspirée de la boxe, cette formule d’enchaîments rapides avec « punching ball », vise la perte accélérée de calories. Juste arrivé en France, le TRX, autrement dit la musculation en suspension, est l’exercice préféré des forces spéciales en Afghanistan, précise Franck Gueguen. Il fait travailler les muscles longs et profonds. Radical, paraît-il, pour affiner la silhouette et perdre sa bouée.

Monter en gamme

Avec l’ouverture de Pure Club Med Gym (1.300 mètres carrés, donc un peu plus petit que ses autres salles) à la Bastille l’été dernier, Franck Gueguen s’essaie au luxe : l’abonnement mensuel est à 150 euros. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir 1.200 adhérents. « Il y a de la place à Paris pour 4 ou 5 Pure Club Med Gym », explique le manager, qui, pour y parvenir, envisage de « débaptiser » un nombre équivalent de ses salles estampillées « Waou », le haut du panier des Club Med Gym.

Valérie LEBOUCQ, Les Echos, 19/03/2013

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