Les secteurs

Financer son projet : les régions, ambassadrices des PME auprès des établissements financiers

28.10.2011, source : Les Echos.fr

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Le soutien des collectivités locales, et au premier rang des régions, est souvent déterminant dans l’obtention d’un financement.

Taux d’autofinancement en baisse depuis vingt ans, les PME et TPE peinent à se financer et jugent les banques timides. Confrontées à des normes de plus en plus strictes et à la crise, ces dernières ne sont pas près de desserrer l’étau. Aussi, les pouvoirs publics et les collectivités locales, notamment les régions, ont monté leurs propres dispositifs, véritables passeports auprès des établissements financiers sur lesquels ils s’appuient. Tour de France non exhaustif.


Île-de-France

Dernière initiative de la région, le fonds de co-investissement dans les jeunes PME innovantes intervient exclusivement en co-investissement pour compléter l’offre existante, au côté de sociétés de capital-risque et de « business angels » (BA). Doté au départ de 6 millions d’euros, il doit être alimenté à parts égales par la région et par l’Union européenne. Autre initiative, le programme régional PM’up, un bouquet d’aides. Depuis 2008, 539 entreprises ont bénéficié des 58 millions d’euros injectés dans ce cadre. La région a, en outre, lancé en 2009 un fonds régional pour l’innovation. Géré par Oséo, il a réparti à ce jour, 22,9 millions d’euros entre 714 dossiers. Par ailleurs, le plan Priorité PME prévoit de mobiliser 250 millions d’euros.


Nord-Pas-de-Calais

Outre les grands nationaux comme Siparex ou CM-CIC, Finorpa et l’IRD drainent une bonne partie des opérations. Le premier associe la région, des banques et des institutionnels pour des participations directes, des prêts participatifs et des prêts mezzanine. L’IRD, issu des groupements interprofessionnels, avec pour vecteur principal Croissance Nord-Pas de Calais, affiche un portefeuille de 320 lignes. Enfin, le Crédit Agricole Nord de France vient de regrouper tous ses outils de « private equity » sous la bannière Nord Capital Investissement, associé à Turenne Capital. La région se caractérise aussi par des fonds familiaux comme Créadev.


Alsace

La collectivité privilégie l’entrée dans le haut du bilan, le plus souvent en partenariat avec des organismes financiers. La mise en place du fonds commun de placement à risque Alsace Croissance en est le fer de lance. Doté de 50 millions d’euros dont 36 % du FSI, 50 % du groupe Crédit Mutuel (via CIC Entreprises) et le reste par la région, ce fonds sera opérationnel au plus tard début 2012. Par ailleurs, la région abonde les fonds Alsace Amorçage, Alsace Création, ou encore Alsace Entreprendre.


Rhône-Alpes

Deux fonds familiaux occupent une position particulière : Aquasourça dispose de 120 millions d’euros sous gestion et Evolem cherche plutôt à agréger des sociétés d’un même secteur pour faire émerger des ETI. Il a placé 110 millions d’euros dans 34 sociétés. D’autres entrepreneurs ont monté des structures plus modestes, c’est le cas d’Octalfa qui cible le secteur des biotechs tandis que Mérieux Développement, émanation de l’Institut Mérieux, s’implique aussi dans l’univers des sciences du vivant. Par ailleurs, Lyon Angels regroupe de 70 à 80 adhérents tandis que Grenoble-Angels et Savoie-Angels mènent une véritable stratégie de développement. Enfin, Emertec prépare les technologies du futur. Tourné exclusivement vers les « cleantech », ce fonds, créé par le CEA et CDC Entreprises, est désormais national et gère un portefeuille de 120 millions d’euros.


PACA

Outre les 7 réseaux de BA présents dans la région, les fonds créés par les fortunes d’Internet et des télécoms (Connect Capital, Kima Ventures...) et les sociétés régionales de capital-risque (Viveris, Primaveris, Turenne Capital...), les entrepreneurs peuvent aussi compter sur la participation des collectivités avec 2CInvest, qui a levé 3 millions d’euros auprès de la CCI du Var et de l’Union patronale pour investir dans des projets d’amorçage et le fonds régional d’amorçage Paca Investissement doté de 15 millions d’euros, dont 6 millions du Feder. Cette nouvelle concurrence contraint les « business angels » à s’associer à la Société Marseillaise de Crédit (SMC) et Viveris Management au sein de Capital Provence Business Angel. Ceux des Alpes-Maritimes se sont regroupés autour de deux clubs, Méditerranée Investissements et Sophia Business Angels.


Midi-Pyrénées

L’Institut régional de développement industriel (Irdi) réunit le conseil régional, la Caisse des Dépôts, des banques et la région Aquitaine. Il investit dans les fonds propres des entreprises de Midi-Pyrénées et d’Aquitaine, et en co-investissant avec IXO Private Equity. Emanation de l’Irdi, IXO PE est une société indépendante de gestion de 14 FCPR et FIP. Pour les petits montants, le conseil régional a créé avec les conseils généraux Midi-Pyrénées Croissance. Toulouse accueille aussi trois sociétés d’investissement : Multicroissance (Banque Populaire Occitane), Midi Capital (Caisse d’Epargne) et Grand Sud-Ouest Capital (Crédit Agricole). En outre, les sous-traitants aéronautiques ont accès au FCPR Aerofund2 de 75 millions d’euros, constitué par Airbus, Safran et la CDC. Pour les petites opérations, Toulouse a un club de BA, Capitole Angels.


Aquitaine

En une douzaine d’années, la région a investi plus de 20 millions d’euros dans une série de fonds régionaux. Dans Aquitaine Amorçages ou Aquitaine Création Investissement (ACI), le conseil régional est de loin le premier actionnaire. Dans d’autres, comme Galia Venture, il est présent aux côtés des banques et de la Caisse des Dépots. Parfois comme dans Irdi il n’est qu’un très petit actionnaire loin derrière la région Midi Pyrénées, la CDC et les banques. L’ensemble de ces fonds pèse 470 millions d’euros et ils investissent environ 30 millions par an en Aquitaine. En outre, des réseaux de « business angels » comme Finaki ou encore Fa Dièse interviennent auprès des jeunes entreprises. L’exécutif régional a aussi créé un fonds en capital-risque régional dont il est l’actionnaire unique avec un capital de départ de 3 millions.


Pays de la Loire

A côté des Banques Populaires avec Ouest Croissance, du Crédit Agricole avec Unexo ou de CM-CIC Capital Finance, la Caisse d’Epargne est très active avec Sodero Gestion, ses Fonds d’investissement de proximité (FIP) et Pays de la Loire Développement, jouant un rôle clef en matière d’émergence. Le territoire attire d’autres acteurs dont Siparex, Naxicap ou CDC Capital Investissement. Sur les petits dossiers, les groupes de « business angels » comme les nantais Ouest Angels capital ou Abab complètent le tableau. La région vient de mobiliser une première tranche de 5 millions d’euros pour lancer un outil de co-investissement en capital dans les PME industrielles et des jeunes entreprises innovantes. Parallèlement, les régions Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie et Haute-Normandie sont engagées dans un Fonds interrégional d’amorçage (Fira).


Bretagne

Unexo, filiale des Caisses du Crédit Agricole du Grand Ouest, finance 80 PME quand Ouest Croissance (Banque Populaire de l’Ouest), présente dans tout le grand Ouest, est partie prenante à 140 entreprises. A Rennes, Ouest Ventures, qui a comme actionnaire la Caisse des Dépôts, gère plus de 33 millions d’actifs tandis que Nestadio Capital se focalise sur les sociétés technologiques et à fort potentiel. Bretagne Jeunes Entreprises associe la région et les banques régionales alors que le fonds Brit repose sur la Caisse des Dépôts, la région et des banques bretonnes. Logoden regroupe des BA rennais tandis que Sodero Gestion et Bretagne Participations, filiales de la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire, sont dédiés aux sociétés en croissance. Enfin, Crédit Mutuel Arkéa finance les hauts de bilan avec Synergies Finances et Sobrepar.


Service REGIONS, Les Echos, 24/10/2011

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