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Financer son projet : les fonds, partenaires et tremplin des PME de croissance

26.10.2011, source : Les Echos.fr

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La caractéristique des PME de croissance ? Avoir besoin de plus d’argent plus rapidement, afin de poursuivre leur développement. Les fonds de capital-investissement s’imposent pour les PME non cotées.

Opération de croissance externe, lancement d’une nouvelle gamme de produits, premiers pas à l’export : autant d’étapes qui jalonnent la vie d’une PME de croissance. « Une PME de croissance a besoin de plus d’argent, plus vite et plus souvent !  », indique-t-on chez Croissance Plus. En bref, des besoins de haut de bilan (fonds propres) tout autant que de bas de bilan (trésorerie). « Face à une croissance rapide, la structure de l’entreprise n’est souvent plus adaptée. Le besoin de fonds de roulement gonfle et cela coûte moins cher de l’optimiser que de le financer par de la dette, du découvert, du factoring  », rappelle Franck Sebag, associé chez Ernst & Young. Un choix stratégique où les fonds peuvent se révéler précieux. « A partir d’un certain taux de croissance, 10 % par exemple, difficile de ne pas avoir recours à des fonds propres  », note Olivier Gindre, administrateur de l’Afic (Association française des investisseurs en capital) et président d’EPF Partners.

Dans un contexte où les banques financent peu le risque, l’acteur incontournable reste donc le capital-investissement. Avec deux grands types de financement : le capital-risque, ciblant des entreprises innovantes à fort potentiel, et le capital-développement, finançant des PME rentables et plus matures. Selon l’Afic, les fonds financent près de 5.000 entreprises, dont 80 % de PME. En 2010, le capital-investissement a financé 1.685 entreprises pour 6,6 milliards d’euros, dont 67 % pour des montants inférieurs à 15 millions d’euros. La problématique des fonds est de dégager des bénéfices lors de la revente des participations.


Des fonds à bien choisir...

Bonne nouvelle : les fonds n’ont jamais été aussi nombreux, près de 300. On voit même apparaître des fonds de capital-investissement à l’initiative d’entrepreneurs : Jaïna Capital (Marc Simoncini), Isai (Pierre Kosciusko-Morizet notamment), Agregator Capital (créé par les fondateurs de Viadeo), etc. « Nous sommes davantage dans l’opérationnel, étant des entrepreneurs et non des financiers  », explique Laurent Horwitz, fondateur de Companeo et membre de Isaï. Des fonds nombreux, donc, entre lesquels il n’est pas toujours facile de se repérer. Le plus simple est de les contacter via une structure telle que l’Afic. Oséo Capital PME, plate-forme de mise en relation entre PME et investisseurs, de même que CDC Entreprises, sont de bons points d’entrée.


Une fois les bons interlocuteurs repérés, comment les séduire ? « Le chef d’entreprise doit d’abord se poser la question de l’ouverture de son capital et définir sa stratégie, notamment actionnariale, explique Franck Sebag. Bien calibrer le montant levé avec le capital cédé.  » Outre les éléments financiers classiques (bilans, « business plan  » à moyen et long terme), « les fonds regarderont l’homme et le projet. En clair, il s’agit de montrer que l’on sait ce qu’on veut et où on va  », résume Olivier Gindre. « Pour être crédible, le dirigeant doit avoir constitué une équipe de management solide  », ajoute Eric Harle. Autre précaution : se faire accompagner car le protocole d’accord recèle un grand nombre de clauses (minorité de blocage, conditions de sortie du capital, etc.).


... dans un contexte tendu

Si les fonds sont nombreux, le contexte n’en demeure pas moins tendu. « Nous craignons que la donne change d’ici douze à dix-huit mois, avance Olivier Gindre. La menace ? D’une part, une restriction anticipée du crédit. D’autre part, les ressources mêmes des fonds d’investissement pourraient se tarir du fait des nouveaux ratios qui pèsent sur les banques et les assureurs.  » Croissance Plus avance d’ailleurs plusieurs propositions, notamment une taxe sur les gros contrats d’assurance-vie, afin de créer « une épargne fertile orientée vers l’économie réelle  ». Autre point sombre : « Peu de PME sont à l’aune de devenir des ETI, estime Franck Sebag. Nombre d’entrepreneurs sont confrontés à un dilemme : freiner leur développement ou vendre. Il manque de fonds européens souhaitant accompagner sur le long terme des PME en phase de devenir des ETI.  »


Valérie TALMON, Les Echos, 24/10/2011

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