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Financement : Oséo Industrie pourra mobiliser jusqu'à 25 milliards d'euros de prêts

11.02.2012, source : Les Echos.fr

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Doté de 1 milliard d’euros de fonds propres, Oséo Industrie devrait démarrer son activité ce mois-ci. Il utilisera les moyens d’Oséo avant de créer des outils dédiés. Conjointement avec les banques, il pourrait permettre jusqu’à 25 milliards d’euros de financements.

« On a de la chance, cette année le mois de février a vingt-neuf jours. » François Drouin, le PDG d’Oséo, sait qu’il va devoir faire vite pour mettre en place Oséo Industrie, la filiale dédiée à l’industrie française dont Nicolas Sarkozy a annoncé, le 29 janvier, qu’elle verrait le jour ce mois-ci. A la faveur de la conférence de presse donnée hier sur les résultats 2011, le voile a été levé sur le projet. Filiale à 100 % d’Oséo, dotée comme prévu de 1 milliard d’euros de fonds propres - soit une progression de 50 % des fonds propres d’Oséo -, elle utilisera les équipes et les moyens d’Oséo avant de créer à terme ses propres outils. « Nous n’avons pas d’objectifs précis de financement pour 2012, mais l’idée est d’accélérer avec l’impulsion de ces nouveaux fonds propres. Ils pourraient nous permettre de faire 12 milliards d’euros de crédits, sans compter le concours des banques », assure François Drouin. Avec les banques, les financements mobilisables atteindraient jusqu’à 25 milliards d’euros.

Mais l’industrie n’est pas un nouveau secteur pour Oséo. François Drouin l’assure : « Environ 40 % des encours d’Oséo lui sont dédiés. » Le niveau serait le même en matière de production. En 2011, cela correspondait à 5 milliards d’euros d’encours sur 11,7 milliards d’euros de financements mis en place en partenariat avec les banques et les organismes de fonds propres. Alors, pourquoi aller plus loin ? « Il y a une volonté forte de mettre le paquet », dit le responsable. Et Nicolas Sarkozy, candidat non déclaré à la présidentielle d’avril, l’a assuré : « Les banques ne prêtent pas assez. » L’industrie représenterait seulement 20 % de leurs encours de crédits, selon Oséo.

Interrogé sur le projet bancaire concurrent du candidat François Hollande, François Drouin a préféré botter en touche. Mais, face aux annonces chiffrées de l’UMP, les socialistes tiennent désormais à détailler les capacités de leur banque à gouvernance régionale, qui rapprocherait Oséo, le FSI et la Caisse des Dépôts : elle serait dotée de 20 milliards grâce au doublement du plafond du livret de développement durable (LDD). « Aujourd’hui, il existe 6 millions de LDD au plafond, ce qui représente 36 milliards d’euros. Si on double ce plafond, 36 milliards de plus sont drainés. Au taux de centralisation de 65 % à la Caisse des Dépôts, 23 milliards sont in fine libérés, soit 20 milliards si l’on arrondit», indique un conseiller. Il faudra, cela dit, compter sur un temps de montée en puissance.


Pas d’alarmisme

En dépit de la tournure politique prise par le sujet, Oséo ne cède pas à l’alarmisme sur un resserrement du crédit : « Cela touche surtout les financements en dollars, la banque d’investissement, les collectivités locales, un peu le crédit immobilier où il y a eu du laxisme, mais cela ne semble pas toucher les PME », poursuit François Drouin. S’il prévoit une légère baisse pour 2012, « on va essayer de sauver tout ça et les banques de toute façon voient que ce n’est pas si risqué de financer les PME ».


Réjane REIBAUD et Anne DRIF, Les Echos, 08/02/2012

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