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Financement : les entreprises ont profité de très bonnes conditions pour lever des fonds cet été

03.09.2012, source : Les Echos.fr

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Les entreprises ont émis en euros cet été des montants de dette record pour la période, grâce aux bonnes conditions du marché et à une très forte demande.

Il n’y a pas eu de trêve estivale pour les émissions de dette d’entreprise en euros. D’après les chiffres de Dealogic, les émetteurs ont levé sur le marché primaire en euros plus de 19,2 milliards en juillet et 5,3 milliards en août. Le mois de juillet a été le deuxième mois le plus actif de l’année en termes d’émissions après le mois de mars. Il s’agit de montants record pour la période estivale, qui n’est la plus souvent ponctuée que d’un nombre marginal d’opérations. L’été dernier, les entreprises n’avaient émis que 10,5 milliards d’euros en juillet. Et, événement majeur depuis la création de l’euro, aucune entreprise n’avait levé de fonds en août, à cause de la crise sur les marchés. En 2010, seulement 11 milliards et 1,6 milliard avaient été placés respectivement en juillet et en août.

Beaucoup d’entreprises n’avaient initialement pas prévu de lever de la dette cet été. Mais elles ont tiré profit des conditions de financement exceptionnelles offertes par les marchés : les « spreads » (l’écart entre le taux offert par les entreprises et le taux sans risque) se sont resserrés en juillet, et les taux étaient à des niveaux très bas en valeur absolue. « Bien que certains émetteurs n’aient pas de besoins de financement immédiats, ils ont profité de la conjoncture pour émettre des obligations associées à des coupons très faibles », note Félix Orsini, chez Société Générale. « L’amélioration des conditions de financement a été particulièrement sensible pour des entreprises notés BBB ou inférieur, à l’image de Bertelsmann, Casino ou Lafarge qui sont venues se financer sur les marchés cet été de manière anticipée. » D’autres émetteurs mieux notés, tels que GDF Suez ou Volkswagen, ayant de gros besoins de financement, ont pu aussi lever des montants significatifs. Par exemple, GDF Suez avait déjà émis en mai pour un montant de 3 milliards d’euros. A la surprise de tous, il a de nouveau placé près de 1 milliard de titres sur le marché primaire en juillet, afin de compléter ses besoins en financement.


Faible influence de la notation

En outre, la demande pour de la dette d’entreprise, quasiment considérée comme une « valeur refuge », ne faiblit pas. « Les investisseurs disposent d’énormément de liquidités à placer dans des obligations d’entreprises. Une partie de ces fonds provient de dettes souveraines ou bancaires arrivées à maturité », explique Paul Santucci, chez HSBC France. Les groupes de télécoms, de services publics et de produits de grande consommation se sont distingués en nombre d’émissions en euros. La notation des entreprises n’a eu que peu d’influence. Même les émetteurs en catégorie spéculative tels que Telenet, Lafarge ou Fiat ont pu lever de la dette. Sur le segment de la dette bancaire, le retour des banques espagnole et italienne Santander et UniCredit sur le marché primaire de la dette est une bonne nouvelle.

Au niveau des maturités, la tendance est au rallongement des échéances, en particulier pour les entreprises dans la catégorie investissement, qui ont pu émettre à plus long terme. « Heineken, noté BBB+ ou Baa1, a pu émettre à 13 ans, ce qui est une exceptionnel sur marché euro. Ce type d’émetteur emprunte rarement au-delà de 10 ans », souligne Félix Orsini. Septembre devrait être encore un mois assez actif. Paul Santucci prévoit que « les émetteurs continuent de profiter des bonnes conditions sur le marché obligataire ».


A. SI., Les Echos, le 30/08/2012

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