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Financement : le resserrement du crédit a davantage épargné les PME en France qu'ailleurs

26.04.2012, source : Les Echos.fr

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Les PME, partout dans le monde, ont dû faire face à des taux d’intérêt plus élevés que les grandes valeurs durant la crise, selon l’OCDE. Les françaises ont globalement moins souffert que leurs homologues.

Les petites et moyennes entreprises ont souffert davantage du resserrement du crédit que les grandes sociétés. C’est la conclusion qui ressort d’une étude de l’OCDE sur les PME durant la crise. Certes, le constat n’est pas vraiment surprenant, mais cette analyse montre surtout que la tendance est mondiale, l’institution ayant passé au crible 18 pays, sur la base d’indicateurs comparables. Les PME ont globalement dû faire face à des taux d’intérêt plus élevés que les grandes valeurs, avec des conditions plus strictes de prêts bancaires entre 2007 et 2010. « Plus précisément, l’écart de taux d’intérêt entre les petites et grandes entreprises s’est accru durant la crise. Et on n’a pas constaté de réduction de cette différence en 2010, au niveau mondial », souligne Lucia Cusmano, économiste senior à l’OCDE. Alors que les PME représentent 99 % des entreprises dans de nombreux pays, elles sont considérées «  comme plus risquées que les grandes et ayant des perspectives d’activité plus médiocres ».


« Appui des pouvoirs publics »

Parallèlement, les prêts accordés aux PME ont globalement baissé durant la phase de récession et n’ont pas retrouvé par la suite leurs niveaux de 2007 dans de nombreux pays. Avec des exceptions toutefois. « Sur plusieurs indicateurs, les PME françaises, canadiennes, italiennes ou encore suédoises ont été relativement préservées. Dans l’Hexagone, le taux des prêts refusés a même diminué en 2009. Dans ces pays, il y a eu une utilisation plus importante des instruments de garantie de prêts et l’appui des pouvoirs publics, à travers, par exemple, la Médiation du crédit aux entreprises », reprend la spécialiste. L’étude rappelle, par ailleurs, que les sociétés de la zone euro dépendent davantage du crédit bancaire (74 % ) que les entreprises américaines (24 % ) et pourraient donc être davantage touchées par les nouvelles exigences réglementaires comme Bâle III.


Ce document de l’OCDE, réalisé à partir des données fournies par les banques centrales et les offices statistiques nationaux, a pour objectif d’être actualisé chaque année. « On n’a que peu de données sur les PME, voire pas du tout dans certains pays. Or dans bon nombre de cas, c’est de l’argent public qui est injecté dans le système financier pour soutenir ces entreprises. D’où l’intérêt d’améliorer la transparence », conclut l’économiste.


Marina ALCARAZ, Les Echos, le 23/04/2012

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