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Financement : le crédit aux PME donne des signes de faiblesse

24.05.2013, source : Les Echos.fr

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L’encours des crédits mobilisés résiste encore, selon la Banque de France. Mais les indices de ralentissement commencent à se multiplier.

Certes, le crédit aux entreprises résiste encore, selon les derniers chiffres de la Banque de France, qui portent sur le premier trimestre de l’année. Hors entreprises individuelles, la croissance des encours aux entreprises, toutes tailles confondues, est à fin mars de + 0,9 % sur un an et de + 0,3 % en variation trimestrielle. Les grandes entreprises voient leurs encours diminuer de - 1,7 % d’un trimestre à l’autre, mais elles se tournent de plus en plus vers les marchés pour se financer. Les PME ne font a priori pas mauvaise figure avec une croissance des crédits « mobilisés » (sans tenir compte des lignes de crédit autorisées mais non utilisées) de 2,2 %. Mais la croissance faiblit fortement en rythme trimestriel (+ 0,2 % ).

Mais au-delà de l’évolution des encours, les comportements des emprunteurs traduisent la faiblesse de la conjoncture. Ainsi, les PME les plus fragiles financièrement (cotes de 5 à 9 selon la classification Banque de France) semblent renforcer leur recours au crédit. Elles cumulent 45,1 % du total des encours de crédit aux PME à fin mars (contre 42.8 % un an plus tôt.

Manque de visibilité

Signe du manque de visibilité tous types d’entreprises confondus, les crédits d’investissement marquent le pas. A fin mars, leur encours est de 561 milliards d’euros, en hausse de 1,9 % certes, mais ce chiffre ralentit puisqu’il était de 2,3 % en janvier et de 2,1 % en février. Symétriquement, l’encours des crédits de trésorerie (176 milliards d’euros à fin mars) voit encore sa part se réduire (- 2,3 % en rythme annuel), mais la baisse est moindre en comparaison de la chute de 4,9 % en rythme annuel à fin janvier. Ce moindre recul peut traduire la dégradation de la conjoncture, les entreprises en difficulté parant au plus pressé. Il peut aussi s’agir de renforcer le fonds de roulement d’un prestataire lorsque les délais de paiement d’un client s’allongent.


Situation tendue

L’avenir offre assez peu de visibilité. L’enquête mensuelle de la Banque de France indique qu’une majorité de banques voient la demande de crédit des entreprises se contracter encore. Dans le même temps, les conditions d’accès au crédit ne se sont pas forcément durcies. Les taux de crédit s’inscrivent plutôt à la baisse (en particulier pour les PME appartenant à un groupe) et les banques expliquent ne pas avoir modifié leurs conditions d’octroi, ni en direction des grandes entreprises ni pour les PME. Cela ne fera pas les affaires des sociétés dont la situation financière se fragilise et qui auront donc plus difficilement accès au crédit. Sans exploser, le nombre de défaillances observées a augmenté de 1 % sur un an, renforçant une situation tendue depuis déjà cinq ans.

Edouard LEDERER, Les Echos, 23/05/2013

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