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Financement : la croissance du crédit aux entreprises quasi nulle

02.03.2012, source : Les Echos.fr

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Après le pic de croissance du printemps dernier, la distribution des prêts aux entreprises ne fait que ralentir et vient en janvier de frôler la récession, à seulement + 0,3 %, en raison du recul de plus de 14 % des crédits de trésorerie.

Les banques ne se démènent pas pour afficher des taux de croissance exponentiels de leurs crédits aux entreprises. Depuis le pic de croissance à près de + 10 % du printemps 2011, qui avait permis de renouer avec la dynamique d’avant-crise, l’octroi de prêts est en chute libre et a frisé la décroissance en janvier, à seulement + 0,3 % des encours (816 milliards d’euros), selon les derniers chiffres de la Banque de France. Une bascule qu’ont déjà connue d’ailleurs les stocks de crédits de trésorerie, en recul de plus de 14 % en janvier.

Cette décrue pose à nouveau le dilemme : les banques fermentelles leurs guichets aux entreprises ou les entreprises réfrènent-elles leurs emprunts en phase de ralentissement économique ? D’après la dernière enquête trimestrielle de la banque centrale, 23 % des banques disaient vouloir restreindre leurs critères d’octroi pour les trois premiers mois de l’année, après un tiers fin 2011. A la fois en raison des mauvaises perspectives économiques et des difficultés à accéder aux financements de marché.

Mais la Banque de France a publié début février une toute nouvelle enquête, mensuelle celle-ci, qui permet de faire valoir une vision beaucoup plus apaisée de la situation de crédit pour début 2012 grâce à l’injection exceptionnelle de liquidité de la BCE. Bien que les banques poursuivent leur hausse de marges, seulement 4,2 % d’entre elles disent avoir durci leurs conditions de prêts en janvier, la quasi-totalité privilégiant la stabilité. Même inflexion relevée sur l’évolution de la demande, perçue désormais comme largement inchangée. Seuls 15 % des établissements ont indiqué que les entreprises leur avaient soumis moins de dossiers de prêts, contre pas moins de 40 % dans l’enquête trimestrielle.

L’enquête de janvier ne soulève d’ailleurs qu’une seule question annexe : quelle a été l’incidence des conditions de marché sur la politique des banques ? Et répond qu’au mois de janvier, les établissements signalent une nette amélioration de leurs conditions d’accès à ces financements.


Anne DRIF, Les Echos, 28/02/2012

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