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Fast Retailing renforce les synergies entre ses marques Uniqlo, Comptoir des Cotonniers et Princesse tam.tam

05.10.2010, source : Les Echos.fr

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Le champion japonais veut faire jouer les synergies entre ses marques, Uniqlo, Comptoir des Cotonniers et Princesse tam.tam. Objectif : atteindre 10 milliards d'euros de ventes en Europe en 2020 en multipliant les ouvertures.

Le japonais Fast Retailing souhaite renforcer les synergies entre ses marques en Europe et faire de Paris sa tête de pont. Son internationalisation est plus que jamais une priorité, alors que sa marque d'habillement phare Uniqlo a vu ses ventes ralentir au Japon, son principal marché (75 % du chiffre d'affaires). Ce qui l'a conduit à revoir à la baisse ses prévisions de vente et de résultat pour 2010. « En Europe, notre objectif est d'atteindre 10 milliards d'euros de ventes dans les dix ans, avec 300 points de vente », indique Nobuo Domae, le président de Fast Retailing France.

Le groupe nippon, qui a ouvert son premier grand magasin Uniqlo dans Paris il y a tout juste un an, est aussi propriétaire de la marque de prêt-à-porter Comptoirs des Cotonniers et de celle de lingerie Princesse tam.tam, les deux pesant près de 300 millions d'euros. Depuis plusieurs mois, le pilotage de ces différentes marques est plus global, « avec l'objectif de faire de Paris un hub en Europe, afin de servir de base au développement du groupe », précise Marianne Romestain, directrice générale de Fast Retailing France.

Une nouvelle marque, Theory

Ce rapprochement a déjà produit des résultats. Fast Retailing a ainsi créé une équipe chargée de rechercher des emplacements privilégiés pour ses boutiques à l'échelle européenne et de les redistribuer ensuite entre les marques, en fonction des surfaces. Les recrutements peuvent aussi se faire de manière mutualisée. « La mise en place de ce réseau nous permet d'être plus efficace », reprend la dirigeante. Le japonais va aussi prendre appui sur cette nouvelle force de frappe pour introduire sa marque Theory en France. Créée en 1997 à New York, cette griffe de prêt-à-porter haut de gamme qui vise surtout les femmes d'affaires est présente depuis un an à Paris, seulement dans les grands magasins. Après son succès au Japon et aux Etats-Unis (40 milliards de yens de ventes), le groupe veut la lancer en Europe.

Mais cette coopération va plus loin, au-delà des frontières. En Chine, les équipes qualité d'Uniqlo ont déjà commencé à contrôler la production de Comptoir des Cotonniers réalisée dans des usines différentes. « Nous fabriquons des doudounes et de la maille en Chine, précise Marianne Romestain. Déjà, la moitié de notre prochaine collection produite sur place a été soumise à ce nouveau process et, pour la suivante, ce sera la totalité. »

C'est à l'occasion du premier anniversaire à Paris d'Uniqlo, célébré aujourd'hui, que Fast Retailing a décidé de montrer l'unité du groupe en fêtant en même temps les vingt-cinq ans de Princess tam. tam et les quinze ans de Comptoir des Cotonniers. La locomotive du groupe reste Uniqlo, même si le japonais n'a toujours que deux magasins en France. « Les négociations sont très longues. Nous avons trouvé un nouvel emplacement, mais rien n'est encore signé, indique Nobuo Domae. Notre objectif est d'ouvrir de 5 à 10 nouveaux magasins dans les cinq ans à Paris. » Même si les files d'attente devant le point de vente d'Opéra ont disparu, sauf certains samedis,
« les ventes sont au-delà de nos espérances, note le patron. Le magasin devrait être rentable dès cette année ». Il se classe dans les cinq principaux dans le monde derrière Ginza et New York. Mais Uniqlo doit répondre à un nouveau défi : augmenter la fréquentation féminine. En France comme ailleurs, sa clientèle est composée à moitié d'hommes et de femmes. Or ce sont ces dernières qui dépensent le plus pour leur garde-robe. « Cela veut dire que nous avons un large potentiel avec les femmes. Notre nouveau slogan est "made for all". Nous allons élargir notre offre pour les femmes, en continuant à jouer sur des produits basiques et accessibles », indique le président. Pour faire revenir les acheteurs régulièrement, le japonais mise sur ses offres promotionnelles, avec en ce moment des pulls cachemire à partir de 49,90 euros et des jeans à 9,90 euros.

Dominique Chapuis, Les Echos, 30.09.10

 

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