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Europ Assistance et Malakoff Médéric s'allient dans les services à la personne

19.04.2011, source : Les Echos.fr

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L'assisteur et le leader français de la protection sociale s'associent pour développer des services autour de la santé, notamment pour les salariés. Un partenariat qui s'inscrit pleinement dans la stratégie des deux groupes.


Naguère associé à Accor Services, Europ Assistance a un nouveau partenaire dans les services à la personne. Malakoff Médéric vient de prendre une participation de 49 % dans Bien-Etre Assistance, l'assisteur détenant les 51 % restants. Les deux groupes contrôleront également l'intégralité du capital de Bien-Etre à la Carte, son actionnaire historique.


« Malakoff Médéric a la même appétence que nous pour les services à la personne et nous en sommes au même niveau de réflexions sur beaucoup de sujets, comme le maintien à domicile, le vieillissement de la population ou l'explosion des coûts de santé », explique aux « Echos » Thierry Depois, le directeur général d'Europ Assistance France.



Du diagnostic à la télémédecine

Cette entreprise commune leur servira à développer des services autour de la santé et de l'accompagnement des personnes, notamment pour les salariés et leur entourage. Une offre qui ira du diagnostic à la télémédecine, en passant par l'accompagnement individualisé ou l'assistance médicalisée. « Pour que les cotisations d'assurance n'augmentent pas trop, il va falloir miser sur la prévention et l'accompagnement. Et j'ai la conviction que l'entreprise est le territoire pour le faire. Il faut aider les salariés à mieux vivre leur santé, en les aidant par exemple à suivre l'observance de leurs traitements », affirme Guillaume Sarkozy, le délégué général de Malakoff Médéric. Parmi les premiers projets prévus, « nous devrions nous occuper des personnes qui sortent d'hospitalisation », annonce Thierry Depois.


A travers ce partenariat, Malakoff Médéric explique vouloir continuer de « médicaliser ses activités ». « Europ Assistance a un vrai savoir-faire en la matière et nous apporte des compétences que nous n'avons pas. Il sait gérer une plateforme d'appels et dispose d'un énorme réseau de prestataires », explique Guillaume Sarkozy. Fidèle à sa stratégie, le groupe de protection sociale étend donc davantage encore son champ d'action, après avoir déjà investi dans la gestion de réseaux labellisés (Kalivia), le maintien à domicile (LVL Médical) ou encore les maisons de retraite (Korian). « Nous sommes à la fois un assureur, un gestionnaire de contrats, un distributeur et aussi un fournisseur de services, alors qu'on nous voit encore trop souvent comme un rembourseur », insiste son délégué général.


Pour Europ Assistance, ce partenariat est l'occasion de passer à la vitesse supérieure sur les « care services » (c'est-à-dire l'assistance personnalisée) et la santé, érigés au rang d'axes majeurs de développement. « Il est nécessaire de pouvoir s'appuyer sur un portefeuille de plusieurs millions de clients. C'est ce que vient nous apporter, entre autres, Malakoff Médéric », explique Thierry Depois.



Expérimentations

Alors que plusieurs enseignes de services à la personne ont disparu ou ont connu des difficultés, les deux partenaires se veulent prudents, préférant ne pas dévoiler d'objectifs chiffrés. « Il faudra arriver à en faire une activité économiquement viable », indique seulement Thierry Depois, soulignant que Bien-Etre Assistance n'a jamais perdu d'argent depuis sa création en juin 2007. « Tout reste à construire ! Nous en sommes au stade de la recherche et du développement. Mais Bien-Etre Assistance offre un gros avantage pour mener ces expérimentations : elle a un vrai fonds de commerce et gagne de l'argent », s'enthousiasme Guillaume Sarkozy. A eux deux, Bien-Etre Assistance et Bien-Etre à la Carte ont dégagé 13,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010.


Europ Assistance voit déjà plus loin. « Rien ne s'oppose à ce qu'on ouvre cette plate-forme à d'autres clients, qui pourraient être par exemple des assureurs, des cliniques ou des hôpitaux », anticipe Thierry Depois. La coentreprise continuera par ailleurs à développer une activité de conciergerie d'entreprise.


LAURENT THÉVENIN, Les Echos, 18.04.2011

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