Les secteurs

Eté 2009 : Baisse de la consommation des ménages

24.09.2009 mis à jour le 25.09.2009,

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Après avoir sensiblement augmenté en juin, les achats de produits manufacturés ont nettement reculé en juillet (- 1,2 % ) puis en août (- 1 % ), selon les chiffres publiés par l'Insee hier. La chute des ventes de voitures et d'habillement expliquent ce repli. Les économistes craignent une dégradation de la situation.

Après la batterie d'indicateurs conjoncturels récents témoignant d'une embellie de l'économie française, celui publié hier par l'Insee sur la consommation des ménages est venu rappeler que la crise était loin d'être terminée. Après avoir sensiblement augmenté en juin, les dépenses en produits manufacturés ont nettement reculé en juillet (- 1,2 % ) puis en août (- 1 % ), a annoncé hier l'institut statistique. Il faut remonter au printemps 2008 pour retrouver deux mois consécutifs de repli à un tel rythme. En euros constants, les achats retombent à leur niveau de début 2007.

Ce recul s'explique pour la quasi-totalité par deux secteurs : l'automobile et le textile. Très dynamique au premier semestre grâce à la prime à la casse, les ventes de voitures ont, depuis, marqué le pas : elles ont reculé de 3,9 % en juillet puis de 1,2 % en août. Du côté de l'habillement, les achats des ménages ont reculé de 3 % en juillet et encore de 3,8 % en août, pour retomber à leur niveau d'il y a six ans. Cette baisse s'explique notamment pas une diminution des jours de soldes pendant l'été liée à la mise en place des soldes flottants.


Pas de conclusions hâtives

Si la consommation s'est repliée bien plus fortement que ne l'anticipaient les économistes, l'Insee préfère ne pas en tirer de conclusions hâtives. « La mise en place du nouveau système d'immatriculations fragilise les estimations de ventes de voitures depuis avril, note Sandrine Duchêne, chef du département de la conjoncture. Par ailleurs, les achats de textiles sont très volatils au fil des mois, mais la tendance est à la baisse depuis 2007. »En outre, les dépenses en produits manufacturés ne représentent qu'un quart de la consommation des ménages. Enfin, « il pourrait y avoir une correction marquée en septembre en raison du versement de l'allocation de rentrée scolaire, des réductions d'impôts pour les familles modestes et de la fin des ajustements liés au nouveau système d'immatriculations », explique Laurence Boone, de Barclays Capital. Si le mois de septembre devait rester stable, la consommation en produits manufacturés marquerait un recul de 1 % au troisième trimestre, la plus mauvaise performance depuis le premier trimestre 2008.
Vers des temps difficiles

Les économistes craignent que les données d'hier annoncent des temps difficiles. « Ces chiffres pourraient être le premier signe clair que les ménages, perdant peu à peu le soutien de la désinflation, font de plus en plus attention à la dégradation du marché du travail et réduisent leurs dépenses », note Gilles Moec, à la Deutsche Bank. « Cela vient nous rappeler que l'on est toujours dans une période très difficile pour les ménages et que la consommation ne sera pas un élément moteur de sortie de crise », ajoute Hervé Monet, de la Société Générale. D'après le consensus Forecasts de septembre, les économistes tablent en moyenne sur une croissance de 0,6 % de la consommation des ménages l'an prochain. Un niveau certes peu élevé mais tout de même supérieur à la moyenne attendue pour la zone euro (+ 0,2 % ).

Frédéric Schaeffer, Les Echos, le 24/09/09