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Etam : les actionnaires familiaux se renforcent au capital

19.04.2010, Information communiquée par l'enseigne

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Le groupe va lancer une offre publique de rachat de ses actions. Cette opération va porter sur 26,5 % du capital, soit une transaction de 100 millions. Elle va permettre à la famille de poursuivre sa stratégie de relance sur le long terme.


Les actionnaires familiaux d'Etam vont se renforcer à la tête du groupe. Le spécialiste de la lingerie et du prêt-à-porter va lancer début juin une offre publique de rachat de ses actions en Bourse portant sur 26,5 % du capital. Le prix proposé sera de 35 euros par action, soit une prime de 35 % sur un mois et de 52 % sur trois mois. « Il s'agit pour nous d'offrir aux actionnaires qui souhaitaient céder leur participation, mais qui ne le pouvaient pas du fait du peu de liquidité du titre, une fenêtre de sortie à un moment où notre cours a beaucoup progressé », souligne Laurent Milchior, cogérant de cette société en commandite aux côtés de son père, Pierre, et de la soeur de ce dernier, Marie-Claire Tarica. Depuis la mi-avril 2009, le titre a en effet bondi de 144 % .

L'offre est estimée au total à 100 millions d'euros, et sera financée par emprunt. Si l'opération réussit, le groupe de concert détiendra 68,5 % du capital, tandis que 31,5 % resteront en Bourse. En termes de contrôle de l'entreprise, cette opération ne va rien changer. La famille Milchior, à l'origine de la création d'Etam en 1916, conservera la majorité avec plus de 53 % du capital, la famille Tarica en détiendra, elle, 15 %.


Belle opportunité en Chine

La famille reprend la main à un moment où le spécialiste de la lingerie est à une phase charnière de son développement en termes stratégiques. « Nous avons d'un côté une belle opportunité pour l'entreprise en Chine, qui représente 27 % de notre chiffre d'affaires, avec toutefois des risques, poursuit Laurent Milchior. De l'autre côté, en Europe, où notre activité est en baisse depuis deux ans et demi, il y a la nécessité d'un travail en profondeur de réorganisation et de repositionnement de la marque qui va prendre du temps. » En 2009, la croissance d'Etam, qui a publié hier ses résultats, a été tirée par la Chine. Ses ventes y ont bondi à magasins comparables de 39 %, alors qu'elles ont reculé de 6,8 % en Europe, pour s'établir au total à 1,02 milliard d'euros (+ 5,5 % ). Le résultat opérationnel est, lui, en baisse de 1,7 %, à 37,3 millions, tandis que le résultat net a grimpé de 230 %, à 20 millions. Le groupe veut donc pousser ses feux en Chine, où il est redevenu rentable l'an dernier. Il veut y ouvrir des magasins, alors qu'aujourd'hui la majorité des ses 2 700 points de vente dans le pays sont des « corners ». Ce qui va nécessiter des investissements lourds. En Europe, Etam a engagé un travail sur ses collections pour les réactualiser plus vite. Sa chaîne logistique va donc être remise à plat. « Nous sommes un groupe familial et n'avons donc pas le même horizon de temps que certains investisseurs », conclut le patron.

Dominique Chapuis, Les Echos, 16.04.2010

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