Les secteurs

Equipement : le marché du meuble retombe à son niveau de 2009

01.02.2014, source : Les Echos.fr

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Nouveau recul pour le marché de l’ameublement. Les ventes ont accusé une baisse de 2,9 % l’an dernier, à 9,27 milliards d’euros. Le secteur « revient à son plus bas niveau depuis 2009 », indique l'Institut d’études de l'ameublement (IPEA). A l’origine de cette pause des achats, « la conjoncture morose, le poids de la fiscalité qui pèse sur les ménages, et moins de déménagements », précise Jean-Louis Baillot de l’IPEA. Le nombre de transactions immobilières a ainsi reculé de 9 % en 2013, et les mises en chantier de logements neufs de 6 % sur un an (à fin novembre).

Seul le secteur de la literie est à la hausse (+1,6 % ), grâce à la multiplication des offres promotionnelles proposées par la grande distribution.  « Il y a eu des innovations régulières des industriels. Après la tête et les pieds relevables en vogue pendant dix ans, aujourd'hui ce sont les mousses à mémoire de forme qui sont en pointe », note Didier Baumgarten, président de la Fédération du négoce de l’ameublement (Fnaem). Les cuisines, elles, limitent la casse avec une baisse de 1 %.

Les grands magasins lâchent le meuble

Du coté des enseignes, seuls les cuisinistes tirent leur épingle du jeu, avec une légère hausse de 0, 2 % de leur chiffre d’affaires. « Preuve, indique l’étude, que la cuisine n’est plus seulement un marché d’équipement. Le renouvellement se développe aussi ». Dans les circuits spécialisés, l'ameublement haut de gamme comme celui du milieu de gamme sont ceux qui trinquent le plus, avec des baisses de 4,8 % et 5,7 %, victimes « d’un report d'achats et d’un déficit de fréquentation ».

Parmi les autres réseaux de distribution, la vente à distance s’écroule (–11 % ), et les grands magasins sont à la peine (–14,9 % ). A l’évidence, les Galeries Lafayette, qui vont encore réduire l’espace dédié au meuble dans leur magasin consacré à la maison, boulevard Haussmann, à Paris (75), et le Printemps, quittent peu à peu ce secteur. Pour 2013, la mauvaise performance s’explique avant tout par le fait que le BHV, filiale du groupe Galeries Lafayette, ait déjà décidé de ne plus vendre de meubles, excepté de la literie.


Ikea stable, Conforama en hausse

Dans ce contexte morose, le marché se concentre progressivement sur les grandes enseignes d’ameublement. Ikea France, qui a annoncé une baisse de ses ventes au 31 août de 4,3 % à magasins comparables (à 2,36 milliards d’euros), a affirmé que sa part de marché était restée stable l’an passé à 17,9 %. De son côté, Thierry Guibert, PDG de Conforama a précisé aux « Echos » que son enseigne avait gagné 0,4 point, à 15,3 %. « Notre progression est plus forte si nous considérons que nous avons arrêté l’activité de vente à distance de La Maison de Valérie qui représentait 0,2 % de part de marché », ajoute-t-il, estimant que l’année 2014 sera « meilleure » dans son ensemble.


Les PME du meuble progressent à l’export

Du coté des industriels, la situation est plus tendue. Le nombre de sociétés en faillite a grimpé de 10 % l’an dernier, ce qui s’est traduit par une baisse de l’ordre de 8 % des emplois ramenés à 45 360 en fabrication. La filière est constituée en majorité de petites entreprises familiales : 85 % d’entre elles emploient moins de dix salariés. « Nos entreprises sont confrontées à un problème de compétitivité. Elles se battent avec des produits de qualité, mais des coûts de main d’œuvre bien plus élevés que nos concurrents », indique Jean-Marie Lacombe, patron de l’Union nationale des industries de l'ameublement (Unifa). Selon lui, il faut compter 35 euros de l’heure en France, contre 12 euros au Portugal ou 9 en Roumanie.

Aujourd’hui, ces PME misent sur l’export, qui n’excède pas 20 % de leurs ventes. Sur neuf mois, leurs ventes à l’étranger ont progressé de 4 %. Avec une belle percée aux Etats-Unis. « J’ai le sentiment que le secteur repart un peu. Nous avons atteint un plancher en France. L’élan à saisir est à l’international », conclut le responsable.

Philippe BERTRAND et Dominique CHAPUIS, Les Echos, 28/01/2014

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