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Epicerie fine : Delpeyrat se met au vin pour la Chine

13.04.2014, source : Les Echos.fr

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Vendre son foie gras à la Chine n’est pas chose aisée. Les restrictions à l’importation sont multiples, pour des motifs sanitaires, et elles risquent de perdurer. C’est ce qui a décidé le groupe agroalimentaire du Sud-Ouest Delpeyrat à se lancer dans… le vin. « Nous ne nous développerons pas en Chine grâce au foie gras », explique Frédéric Oriol, le patron de cette filiale de la coopérative Maïsadour. En revanche, le vin de Bordeaux est une sorte de sésame dans l’ancien empire du Milieu, selon le patron de Delpeyrat. D’où l’idée de s’unir à la coopérative viticole Univitis pour ouvrir les portes de la Chine et de commander à la coopérative viticole de l’Entre-deux-Mers trois vins à la marque Delpeyrat - un bordeaux rouge, un bordeaux blanc sec et un sauternes. Bien que très petite, la coopérative viticole Univitis, qui ne réalise que 21 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, s’est de longue date tournée vers l’exportation.

Doubler la part de l’export

Les bouteilles seront strictement destinées au grand export et accompagneront le foie gras, le saumon fumé et le jambon de Bayonne fabriqués par Delpeyrat. Elles devraient être vendues entre 12 et 15 euros l’unité, un prix sensiblement supérieur (30 % ) aux vins australiens proposés par un groupe comme Pernod Ricard. L’entreprise de Mont-de-Marsan (Landes), qui compte aussi placer ses vins en Russie, est en discussion avec Auchan et Carrefour pour les distribuer dans ces deux grandes régions. « L’objectif dès la première année est de produire 200.000 cols », précise Frédéric Oriol. Aujourd’hui, Delpeyrat n’exporte que 10 % de son chiffre d’affaires de 450 millions d’euros et vise à doubler cette part d’ici à cinq ans. « On doit trouver des relais de croissance au marché français du foie gras, qui ne progresse plus. Le vin doit nous aider à développer les ventes à l’étranger de nos produits », ajoute Frédéric Oriol. Heureuse coïncidence du calendrier, les vétérinaires chinois ont délivré la semaine dernière, après deux ans de négociations, un agrément à l’usine d’Aïcirits (Pyrénées-Atlantiques) où Delpeyrat fabrique ses 750.000 jambons de Bayonne (soit plus de la moitié de la production française).

Outre-Atlantique, l’entreprise pense s’appuyer sur son usine de Saint-Louis-de-Gonzague, située à 60 kilomètres de Montréal, et sur son réseau commercial canadien pour exporter foie gras et viande de canard vers les Etats-Unis. A terme, elle espère l’agrément des vétérinaires de la Food and Drug Administration pour pouvoir vendre du jambon de Bayonne sur le marché américain. Les Canadiens, qui ont déjà donné leur feu vert, achètent 10.000 jambons de Bayonne par an à Delpeyrat.

Marie-Josée COUGARD, Les Echos, le 10/04/2014.

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