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Entreprises du secteur privé : les prêts stagnent dans la zone euro

31.08.2009, source : Les Echos.fr

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Les prêts accordés au secteur privé ont très peu progressé le mois dernier (0,6 % ), menaçant le début de reprise économique qui se dessine dans les principales économies de la zone euro.

La menace d'une pénurie de crédit qui pèse sur l'activité économique en Europe est-elle en train de se concrétiser ? Les chiffres publiés hier par la Banque centrale européenne semblent le prouver : la croissance des crédits au secteur privé a encore nettement ralenti en juillet dans la zone euro. Les prêts aux entreprises et aux particuliers n'ont progressé que de 0,6 % sur un an, après de faibles hausses de 1,5 % en juin et 1,8 % en mai, selon la BCE. A titre de comparaison, la Banque centrale européenne notait, en janvier 2008, que le taux de croissance annuel des prêts au secteur privé avait atteint fin 2007 un rythme de progression annuel de 11 %. Dans le détail, les prêts aux entreprises privées (non financières) se sont repliés à 1,6 % en rythme annuel en juillet après 2,9 % en juin tandis que les crédits aux ménages ont stagné, qu'il s'agisse des prêts immobiliers ou à la consommation.


Réticences ou hésitations

Le quasi-surplace des prêts bancaires au secteur privé s'intensifie donc dans les principaux pays de la zone euro. Toute la question est de savoir s'il est la conséquence de la réticence persistante des banques à prêter ou des hésitations des entreprises à investir. « Les craintes d'une pénurie du crédit semblent se matérialiser »,estime Jean-Christophe Caffet de Natixis dans une note. Les banques ont nettement durci leurs critères d'octroi de crédit ces derniers mois, mais dans le même temps la demande a baissé en raison du report des investissements des entreprises en sous-capacité, notamment dans l'industrie, rappelle-t-il. En période de crise, un ralentissement de la croissance du crédit est normal, a fortiori en période de récession. « Il n'y a plus aujourd'hui de durcissement de l'offre de la part des établissements financiers », estime un responsable monétaire. Depuis des mois, la BCE alimente les banques implantées en zone euro en liquidités à très bon marché, afin de les encourager à augmenter leurs prêts à l'économie réelle. « Il est donc probable que l'on est confronté désormais à un phénomène de faiblesse de la demande », juge-t-il.

Il n'empêche, notent les économistes, que le cycle du crédit doit rapidement suivre l'amélioration de la tendance pour qu'une vraie reprise soit possible. Autrement dit, si les prêts bancaires ne progressent pas à nouveau au cours des prochains mois, la relance risque d'être tuée dans l'oeuf. L'inquiétude est particulièrement forte en Allemagne, où la crainte d'une pénurie du crédit menaçant de contrarier le retour à la croissance a d'ores et déjà poussé le gouvernement à préparer une série de soutiens au financement des PME.

Autre indicateur monétaire publié hier, la masse monétaire M3, l'indicateur avancé d'inflation de la BCE, a elle aussi continué à décélérer le mois dernier. Elle a augmenté de 3 % en juillet sur un an, contre 3,6 % en juin. C'est le quinzième mois de recul de la M3, ce qui confirme, pour l'heure, l'absence de pressions inflationnistes dans les mois à venir.

Catherine Chatignoux, Les Echos

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