Les secteurs

Entreprendre à Paris : les 350.000 entreprises parisiennes ont plutôt bien résisté à la crise

02.11.2011, source : Les Echos.fr

imprimer

L’horizon s’éclaircit légèrement pour les entreprises parisiennes. La capitale affiche même un réel dynamisme : le nombre d’entreprises actives a crû de 37 % en quinze ans. L’immobilier, le commerce et le service aux entreprises continuent de tenir le haut du pavé.

La crise a laissé des traces, mais l’horizon paraît un peu moins sombre pour les 348.488 entreprises parisiennes. Selon le dernier « Atlas économique de Paris », un bilan annuel réalisé par le greffe du tribunal de commerce, leur situation se serait légèrement améliorée par rapport à 2009, « annus horribilis ». Fin 2010, Paris comptait ainsi davantage d’entreprises actives (+ 2 % ), moins de défaillances (3.486, en baisse de 13 % ) et une densité d’entreprises par habitant (16 % ) supérieure à l’année précédente.

Les sociétés parisiennes n’ont certes pas retrouvé le niveau d’avant crise (2007) et ce résultat reste à confirmer au vu de la difficile année 2011. Mais Paris reste un territoire dynamique : il se crée en moyenne 500 à 800 entreprises par semaine, avec des pics en janvier, juin et décembre. En 2010, 31.322 nouvelles entreprises ont été enregistrées au registre du commerce (+ 5 % ). Paris n’a jamais compté autant d’entreprises actives depuis quinze ans (+ 37 % ). Une grande majorité sont des PME qui « déclarent un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros », rappelle le greffe.

Sans surprise, les piliers de l’économie parisienne demeurent l’immobilier, la finance, le service aux entreprises et le commerce. Dans ces deux derniers secteurs, les créations vont bon train. Toutefois, le service aux entreprises reste une activité fragile, soumise aux aléas de la crise : les défaillances y sont légion.


Nouveaux types de commerçants

Autre évolution notoire, celle des commerces. Selon le greffe, le nombre d’entrepreneurs déclarés sous le statut de commerçant-personne physique a chuté de 25 % en quinze ans. Certains commerces ont tout simplement disparu. D’autres ont opté pour le statut de SARL, plus protecteur. « Derrière cette évolution juridique c’est une forme de commerce traditionnelle qui disparaît car ceux qui optent pour la SARL sont souvent de nouveaux types de commerçants, des chaînes, des franchises, des "concept stores"... », souligne Amaury de Buchet, professeur à l’ESCP-Europe.


Tous les quartiers sont concernés par cette tendance. Paris reste cependant une ville inégalement attractive pour les entreprises. En 2010, les très bobos 9e et 10e arrondissements ont eu le vent en poupe ; les quartiers résidentiels (13e, 14e, 18e, 19e, 20e) ont bénéficié des dispositions de la loi Dutreil, qui permet aux nouveaux entrepreneurs de domicilier leur société chez eux. En revanche le 7 e arrondissement a stagné. Cas unique, le 8 e affirme sa vocation de quartier d’affaires (+ 8 % d’immatriculations dans l’année) plébiscité par les grandes entreprises, la finance et l’immobilier. Sur le papier, l’arrondissement affiche davantage d’entreprises (49.000) que d’habitants (38.700). « Mais ce n’est pas forcément représentatif du dynamisme réel, car de nombreuses entreprises y louent des boîtes aux lettres pour le prestige, tout en exerçant leur activité ailleurs », tempère un observateur. Enfin, l’atlas du greffe permet de prendre le pouls de la mobilité des entreprises : 4.200 ont été radiées en 2010 pour avoir transféré leur siège hors de la capitale soit environ 500 de plus qu’en 2009.


Laurence ALBERT, Les Echos, 27/10/2011

Dernières actualités