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Enfance : La Part de Rêve veut multiplier les crèches d'entreprise

18.05.2011, source : Les Echos.fr

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Cette entreprise vient de lever 2,5 millions d'euros auprès des fonds Amundi PE et Galia Gestion pour reprendre ou créer de 30 à 40 établissements par an.


C'est en présidant la crèche associative de ses enfants à Versailles que Rémi Demersseman-Pradel, alors ingénieur chez le fabricant aéronautique Messier-Dowty, a eu envie de créer en 2005 son entreprise de crèches interentreprises, La Part de Rêve, avec un ami ingénieur. « J'ai fait un bilan de compétences qui m'a confirmé que je devais m'investir dans le social, mais il fallait que l'entreprise atteigne une taille critique pour justifier mon salaire », raconte le jeune entrepreneur de trente-cinq ans. Ce père de quatre enfants a déménagé en 2006 à Plaisance-du-Touch près de Toulouse « pour avoir une maison plus grande ». Il a été président bénévole de sa jeune entreprise pendant cinq ans, parallèlement à son emploi de responsable commercial de la société d'ingénierie aéronautique ECM. Il a quitté son poste quand il est devenu salarié de La Part de Rêve en octobre 2010.


Aujourd'hui, l'entreprise gère 19 crèches et microcrèches dont 10 en propre, 3 en franchise et 6 en délégation de service public pour des mairies dans le Nord-Pas-de-Calais, l'Ile-de-France, la Bretagne, le Centre, en Rhône-Alpes et en Paca. Parmi ses clients figurent un tiers de grands groupes (EDF, La Poste, Nexter, Citer...), un tiers de PME et un tiers de collectivités (mairies, ministères). Pour grandir plus vite, la jeune société vient de lever 2,5 millions d'euros auprès des fonds Amundi Private Equity et Galia Gestion, le fondateur conservant la majorité des parts. « Ces fonds nous permettront de d'emprunter pour racheter et créer de 30 à 40 crèches par an dans les cinq ans, jusqu'à atteindre 200 crèches et 3 000 places, ambitionne-t-il. C'est possible car notre plus gros concurrent, Babilou, gère 175 crèches. » La demande est importante : la France enregistre 800 000 naissances par an et les crèches ne couvrent que 9 % des gardes d'enfants.


En outre, l'Etat a autorisé les crèches interentreprises à être subventionnées par les caisses d'allocations familiales (CAF) en 2004. Les entreprises financent un droit de places pour leurs salariés, qui paient le même tarif que dans les crèches publiques et bénéficient d'un dégrèvement d'impôt sur les sociétés de 83 % de leur dépense. « Mais il faut convaincre les entreprises et, depuis 2007, les CAF sont plus réticentes à agréer des crèches privées car beaucoup de projets ont avorté, relève Rémi Demersseman-Pradel. Nous avons ainsi racheté trois crèches au tribunal de commerce de Tours en 2010 et deux cette année. » La Part de Rêve, qui travaille aussi avec les communes, veut ouvrir une dizaine de crèches dans l'agglomération toulousaine. La Part de Rêve a bâti un projet éducatif respectueux des rythmes de l'enfant, mais elle laisse les éducateurs libres de définir leur pédagogie « pour garder l'état d'esprit de la crèche associative de mes enfants », dit le dirigeant. La société emploie 150 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires de 2,3 millions d'euros en 2010 (avec un résultat à l'équilibre), qu'elle veut doubler cette année.


LAURENT MARCAILLOU, Les Echos, le 17.05.2011

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