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Energie : le gouvernement lance ses mesures de soutien à la filière solaire

10.01.2013, source : Les Echos.fr

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Delphine Batho a dévoilé plusieurs appels d’offres et des objectifs ambitieux. Plutôt satisfaits, les professionnels des énergies attendent néanmoins une grande réforme de la filière.

Alors que les professionnels réclamaient à cor et à cri un soutien d’urgence à la filière photovoltaïque, la ministre de l’Energie, Delphine Batho, a lancé hier toute une série de mesures, destinées à générer 2 milliards d’euros d’investissements dans la construction de nouveaux parcs et à assurer « la création ou le maintien » de 10.000 emplois dans la filière. La plupart de ces dispositions avaient déjà été annoncées à la suite de la conférence environnementale qui s’est tenue en septembre dernier. Elles ont été affinées, et leur calendrier a été précisé. Seul élément réellement nouveau, le doublement de l’objectif en termes de nouveaux projets en 2013, qui passe de 500 à 1.000 mégawatts (MW).

Technologies innovantes

Dans le détail, Delphine Batho a annoncé le lancement d’un appel d’offres sur les grandes installations de plus de 250 kilowatts crête (kWc, soit la puissance maximale d’une installation), dès février ou mars 2013. La CRE (Commission de régulation de l’énergie) a déjà été saisie du projet. Cet appel d’offres portera sur 400 MW, dont la moitié sera consacrée à des technologies innovantes. La ministre a indiqué qu’un deuxième appel d’offres pour de grandes installations serait lancé dans le courant de 2013.

Les appels d’offres pour les installations de taille moyenne (entre 100 et 250 kwc) seront de leur côté simplifiés : ils seront moins nombreux, passant à 3 par an au lieu de 4, avec toujours un objectif annuel de 120 MW. Fait nouveau, ces appels d’offres prendront désormais en compte le bilan CO des panneaux utilisés, sachant que le bilan des panneaux fabriqués en Europe est largement inférieur à celui des panneaux importés.

Enfin, pour les petites installations, le gouvernement a annoncé un doublement de l’objectif annuel, de 200 à 400 MW. Les tarifs auxquels EDF achètera l’électricité produite seront augmentés de 5 %. Surtout, comme prévu, ils seront revalorisés d’un bonus compris entre 5 et 10 % s’ils utilisent du matériel fabriqué en Europe.

Quant au fameux tarif T5 réservé aux centrales au sol, dont le projet de baisse avait suscité la vive opposition des professionnels ( « Les Echos » du 13 novembre), il baissera comme prévu de 20 % mais pourra bénéficier du bonus de 10 % pour son contenu « local ».

Tout en déplorant le maintien de cette baisse, le président du SER (syndicat des énergies renouvelables), Jean-Louis Bal, se déclare « globalement satisfait » de ces mesures. Thierry Mueth, président d’Enerplan, veut de même voir « le verre à moitié plein » : « Le photovoltaïque retrouve un avenir. Les contraintes des PME ont été entendues, avec l’assouplissement des garanties bancaires demandées dans les appels d’offres, par exemple », se félicite-t-il, déplorant toutefois la longueur du calendrier. « Les premiers appels d’offres ne seront pas attribués avant début 2014 », rappelle-t-il.

Mais les professionnels attendent surtout une véritable réforme de la filière, qui doit être discutée dans le cadre du débat national sur l’énergie. « Il nous manque toujours de la visibilité sur le long terme », souligne Jean-Louis Bal. Au-delà de ces mesures d’urgence, Delphine Batho espère, elle aussi, que le débat permettra de définir « un cadre prévisible, stable et durable pour le développement de l’énergie solaire ».

Anne FEITZ, Les Echos, 08/01/2013

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